Estimée
à 25,8 millions d'habitants, la population afghane
est constituée d'une mosaïque de communautés
ethniques, linguistiques et régionales. Un millénaire
de conquêtes et de mouvements migratoires a laissé
les empreintes des nombreux peuples qui ont parcouru l'Asie.
Les
Pachtouns (38,2 %), communauté ethnique et linguistique
représentant un peu plus de la moitié de la population,
sont organisés en tribus. Ils occupent surtout l'est et
le sud du pays. Ils ont profité du contrôle croissant
que leur communauté prit sur le reste du pays au XIXe siècle
pour s'installer également dans d'autres régions.
Les Tadjiks (25,1 % de la population) constituent le deuxième
groupe ethnique du pays. Par tradition sédentaires, agriculteurs
ou urbains, ils sont installés, pour la plupart, dans les
vallées fertiles de l'Est, au nord et au sud de l'Hindou
Kouch. La population compte par ailleurs plus de 8 % de Turcs,
surtout des Ouzbeks (6,2 %) et des Turkmènes (2,2 %). Les
montagnes au centre du pays fournissent à peine de quoi
subsister au million de Hazaras (d'origine mongole) qui y vivent.
Parmi les autres communautés, il faut mentionner les Nouristanis,
dans les hautes montagnes de l'Est, et les Baloutches, dans le
Sud-Ouest. Presque tous les Afghans sont musulmans, à 84,2 %
sunnites.
Avant 1980,
la population était à 90 % rurale, dont près
du quart pratiquait l'élevage nomade. L'intervention
soviétique, en 1979, a désorganisé
le pays, et a contraint 5 millions d'Afghans à se
réfugier au Pakistan et en Iran. Les pertes dues à
la guerre sont estimées à plus d'un million de
personnes. Les plus grandes villes ont été assaillies
par le flot des réfugiés fuyant les combats, ce
qui a considérablement dépeuplé les terres
les plus fertiles du pays. Kaboul, la capitale, et les villes
de Kandahar, Harat, Mazar-e Charif, Jalalabad et Kondoz ont
vu leur population doubler.