Avant
la découverte du pétrole dans les années 1930
par des prospecteurs américains et son exploitation dix
ans plus tard, l'économie saoudienne reposait sur les
taxes (supprimées en 1952) des pèlerinages
et l'exportation de dattes.
Agriculture
Dans ce pays, où la surface cultivable est estimée
à moins de 1 % du territoire, dominent le pastoralisme
nomade (élevage des caprins et surtout, maintenant, des
ovins) et l'agriculture irriguée. Les possibilités
agricoles des oasis sont assez larges: riz, blé, café
et qat, dont les feuilles au pouvoir enivrant sont mâchées
par les Saoudiens. L'État a beaucoup investi dans les
travaux hydrauliques pour augmenter la production agricole ainsi
que dans des projets pilotes (fermes de vaches laitières
près de Riyad). Les résultats obtenus sont très
encourageants: l'Arabie Saoudite a atteint l'autosuffisance
en blé (denrée aujourd'hui exportée à
des cours trois fois inférieurs aux coûts de revient),
œufs, poulets, lait et légumes. Les produits alimentaires
représentaient en 1989 quelque 15,9 % du total
des importations, et si l'agriculture emploie 10 % de la
population active, cette activité n'est à l'origine
que de 8 % des richesses nationales.
Pétrole
Bien que l'Arabie Saoudite demeure le premier producteur mondial
de dattes, c'est aujourd'hui le pétrole, l'«or
noir», qui domine l'économie. Le royaume est le
premier exportateur mondial, et le deuxième producteur
de pétrole, après la Russie et devant les États-Unis.
Malgré de très importantes réserves, l'Arabie
Saoudite ne vient qu'au neuvième rang mondial des producteurs
de gaz naturel. Le prix du pétrole est passé de
1,80 dollar le baril (159 l) au début des années 1970
à plus de 30 dollars dans les années 1980
(jusqu'en 1986) pour un coût de revient très
faible. Il représente 94 % de la valeur des exportations,
essentiellement dirigées vers le Japon, les États-Unis
et l'Europe.
Le pétrole est exploité
par l'Aramco (Arabian American Oil Company), américaine
à l'origine, mais qui a été progressivement
nationalisée par une augmentation de la participation
saoudienne dans le capital (25 % en 1973; 60 %
en 1974; 100 % en 1980). Au début des
années 1980, les revenus de l'État, assurés
à 95 % par le pétrole, ont considérablement
diminué. Cette baisse, qui a provoqué une grave
crise budgétaire et économique, s'explique par
la réduction de la consommation dans les États
industrialisés, l'augmentation du nombre des producteurs,
la volonté de l'OPEP (Organisation des pays exportateurs
de pétrole) de soutenir les cours en contrôlant
la production par des quotas, et enfin par la baisse du dollar.
Les exportations de pétrole sont passées de 9 millions
de barils par jour en 1981 à 2,6 millions en 1985
et à 1,7 million en 1988, ce qui traduit les
progrès réalisés dans les autres secteurs
économiques. Mais en 1994, l'Arabie Saoudite doit
reconnaître l'effondrement de ses réserves financières
(passées en dix ans de 121 à 7 milliards de dollars).
Au début de l'année 1999, elle a consenti, avec
les membres de l'OPEP, à réduire pendant un an
sa production, afin de favoriser le redressement du marché
pétrolier.
Industrie
Pour réduire la dépendance du royaume à
l'égard des recettes pétrolières, le gouvernement
a entrepris de diversifier l'économie en favorisant,
outre l'agriculture, le développement d'une industrie
nationale dans les secteurs du raffinage, de la pétrochimie,
de la sidérurgie, du bâtiment et de l'agroalimentaire.
De nouveaux centres industriels ont été construits
sur les côtes du golfe Persique et à Yanbu, sur
la mer Rouge. Ils sont directement alimentés en gaz naturel
acheminé par gazoduc depuis les gisements.
Transports et
services
Au cours de ces dernières années, le réseau
routier a été considérablement amélioré,
en particulier dans le Nord-Est, malgré les distances
et la chaleur qui abîme, par dilatation, les routes bitumées.
Un pont reliant l'Arabie Saoudite à Bahreïn a été
ouvert en 1986. D'importants efforts ont été
réalisés qui concernent le téléphone,
les usines de dessalement et les installations portuaires par
lesquelles transitent les hydrocarbures (un oléoduc joint
le golfe Persique à la mer Rouge).