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Population - chine
 

POPULATION - CHINE

L' 'importance de la population chinoise est un héritage ancien. Il semble en effet que depuis l'an mille ce pays n'a jamais rassemblé moins de 20 % de la population mondiale, sur environ seulement 7 % des terres émergées. Lorsque s'est produite, comme dans le reste du monde, la «transition démographique» – qui a provoqué une augmentation accélérée de la population –, la Chine était déjà fortement peuplée par rapport à d'autres régions du monde; elle rassemble aujourd'hui le cinquième de l'humanité. Cette situation, qui ne s'explique pas seulement par l'existence de conditions favorables – comme l'extension des plaines et l'humidité du climat –, doit sans doute être aussi attribuée, pour une large part, à l'apparition précoce d'un État centralisé, et à la riziculture irriguée.

Au cours des dernières décennies, la croissance démographique se ralentit. Le taux d'accroissement naturel annuel, qui s'élevait à 2,2 % en moyenne de 1965 à 1980, est tombé à 1,07 % [en 2000]. Cette baisse est due à un contrôle des naissances efficace. Mais cette politique n'a pas été adoptée sans hésitations et sans que des changements brutaux interviennent.

Pendant les premières années d'existence du régime communiste, l'optimisme règne, et aucune mesure de limitation des naissances n'est prise. Devant l'ampleur de la croissance démographique, les communistes sont contraints de prendre les premières mesures de freinage dès 1953. Toutefois, les périodes du Grand Bond en avant (1958) et de la Révolution culturelle (1966) virent des résurgences de politiques natalistes.

Depuis 1979, les mesures destinées à diminuer la fécondité ont, en revanche, été multipliées, prenant même parfois des formes extrêmement contraignantes. La politique préconisée est celle de l'enfant unique et du mariage tardif. Les couples y sont incités par des mesures variées, qui vont des taxes fiscales jusqu'à la perte d'emploi pour les parents de famille trop nombreuse. Malgré la baisse de la fécondité ainsi obtenue, la croissance perdure, car la jeunesse de la population induit, notamment, une natalité qui reste forte (15,2 %) [2000] et une mortalité faible (6,5 %) [2000], d'autant que l'espérance de vie s'allonge (69 ans pour les hommes et 73 ans pour les femmes [2000], contre respectivement 56 et 59 ans en 1965). La population – 1.265 milliard d'habitants [2000] – atteindra vraisemblablement près de 1,5 milliard en 2025.

Les Han et les minorités
Depuis la fondation du premier Empire en 221 av. J-C, on donne le nom de Han à la population majoritaire de la Chine. Celle-ci est caractérisée par une très forte unité linguistique et culturelle et le sentiment de sa supériorité. Les Han représentent 92 % de la population, et près de 90 millions de Chinois appartiennent aux «minorités nationales», c'est-à-dire à des peuples qui se différencient des Han par leurs caractères ethniques, linguistiques et religieux. On en recense cinquante-cinq, répartis sur les marges de la Chine. Au nord, les Mandchous, malgré leur langue originale, sont assez profondément sinisés; les Mongols sont dans une situation comparable. Dans ce domaine, l'Ouest affirme aussi son originalité, avec les populations des régions autonomes du Xinjiang et du Tibet. La première abrite des populations musulmanes appartenant au groupe linguistique turc, tandis que les Tibétains doivent leur originalité à leur adhésion au bouddhisme et à leur langue. Les autres minorités nationales sont concentrées dans le Sud et le Sud-Est. Il s'agit de populations qui ont jadis occupé de vastes espaces dans la Chine de l'Est, et qui ont été refoulées vers les montagnes par la poussée des Han, venus du Nord. Elles sont fragmentées en ethnies que distinguent les aspects culturels et religieux; les plus importantes sont les Zhuang, les Miao, les Yi et les Hui.

Une répartition inégale
La localisation des grandes zones de peuplement est fortement influencée par la productivité de l'agriculture, elle-même largement liée aux conditions naturelles. Des zones de peuplement continu, avec des densités toujours supérieures à 100 h./km2, pouvant atteindre plus de 500 h./km2, caractérisent la plaine de la Chine du Nord et la vallée du Yangzijiang, ainsi que le bassin Rouge et le cœur de la Chine du Nord-Est.

Des densités moyennes (de 50 à 100 h./km2, mais avec des sillons plus peuplés correspondant aux vallées), caractérisent la région des collines du Sud. Si les densités sont encore supérieures à 50 h./km2 dans les zones de moyennes montagnes et les plateaux qui bordent la Chine humide, notamment dans la région du lœss, les corridors de fort peuplement sont plus rares.

Les effectifs de la population s'effondrent dans la Chine de l'Ouest, où les densités sont le plus souvent inférieures à 10 h./km2; de vrais déserts humains s'étendent sur de vastes étendues, comme dans la plus grande partie du Tibet et les bassins les plus secs. Cependant, sur la bordure de ces derniers, des alignements d'oasis – très anciens relais le long de la route de la soie – assurent une présence humaine plus importante.

Villes et urbanisation
Les Chinois, qui usent d'une définition très extensive de la notion de ville, incluent dans le compte de leur population urbaine de très vastes régions rurales et agricoles. Selon les données officielles, le taux de population urbaine s'élèverait actuellement à près de 50 %, ce qui semble très exagéré à bien des démographes étrangers, mais aussi chinois. Des Américains ont même proposé de le ramener à 21 % (soit plus de 230 millions d'urbains, pratiquement l'équivalent de la population des États-Unis). Toutes les sources s'accordent cependant pour reconnaître que cette part, qui devait se situer autour de 10 % en 1950, a commencé par augmenter très rapidement avec l'établissement du régime populaire; la croissance relative a ensuite été freinée, entre 1960 et 1978, par une série de mesures réglementaires prises en raison des coûts élevés de l'urbanisation, mais aussi par souci de préserver la stabilité politique. Depuis 1979, les nouvelles orientations économiques ont entraîné une augmentation accélérée de la population urbaine, qui croît non seulement en valeur absolue, mais aussi en valeur relative.

Les grandes villes de plus de 500.000 h. sont toutes situées dans la Chine de l'Est, à l'exception d'Urumqi (Xinjiang). Les plus importantes sont implantées dans les régions côtières, comme Shanghai (12,4 millions h.), Pékin, la capitale (8,9 millions h.) [1994], Tianjin (8,3 millions h.) et Canton (3,9 millions h.). Ces dernières années ont été marquées par la croissance des villes moyennes et des petites villes dans l'ensemble du pays.

Population et Répartition des Ethnies en Chine

Ethnies Population
(en dizaine
de milliers)
Régions d'habitat dominant
Han 104 248 Dans l'ensemble du pays
Zhuang 1 555,58 Guangxi, Yunnan, Guangdong, Guizhou
Hui 861,20 Ningxia, Gansu, Henan, Xinjiang, Qinghai, Yunnan, Hebei, Shandong, Anhui, Liaoning,Beijing, Mongolie Intérieure, Heilongjiang, Tianjin, Jilin, Shaanxi
Ouïgour 720,70 Xinjiang, Hunan
Yi 657,85 Sichuan, Yunnan, Guizhou, Guangxi
Miao 738,36 Guizhou, Yunnan, Hunan, Guangxi, Sichuan,Guangdong, Hubei
Mandchou 984,68 Liaoning, Heilongjiang, Jilin, Hebei, Beijing, Mongolie Intérieure,Tibetain
Tibetain 459,31 Tibet, Sichuan, Qinghai, Gansu, Yunnan
Mongol 480,24 Mongolie Intérieure, Xinjiang, Liaoning, Jilin, Heilongjiang, Qinghai, Hebei, Henan, Gansu, Yunnan
Tujiav 19,26 Qinghai, Gansu, Hunan, Hubei, Sichuan, Guizhou
Bouyei 254,83 Guizhou
Coréen 192,34 Jilin, Heilongjiang, Liaoning, Mongolie intérieure
Dong 250,86 Guizhou, Hunan, Guangxi
Yao 213,70
Guangxi, Hunan, Yunnan, Guangdong, Guizhou
Bai 159,81 Yunnan, Hunan
Hani 125,48 Yunnan
Kazak 111,08 Xinjiang, Gansu
Li 111,25 Guangdong
Dai 102,54 Yunnan
Lisu 57,46 Yunnan, Sichuan
She 63,47 Fujian, Zhejiang, Jiangxi, Guangdong
Lahu 41,15 Yunnan
Wa 35,20 Yunnan
Sui 34,71 Guizhou, Guangxi
Dongxiang 37,37 Gansu, Xinjiang
Naxi 27,78 Yunnan, Sichuan
Tu 19,26 Qinghai, Gansu
Kirghiz 14,35 Xinjiang
Qiang 19,83 Sichuan
Daur 12,15 Mongolie Intérieure, Heilongjiang, Xinjiang
Jingpo 11,93 Yunnan
Mulam 16,06 Guangxi
Xibe 17,29 Xinjiang, Liaoning, Jilin
Salar 8,75 Qinghai, Gansu
Blang 8,24 Yunnan
Gelao 43,82 Guizhou, Guangxi
Maonan 7,24 Guangxi
Tadjik 3,32 Xinjiang
Primi 2,97 Yunnan
Nu 2,72 Yunnan
Achang 2,77 Yunnan
Ewenki 2,64 Mongolie Intérieure, Heilongjiang
Gin 1,87 Guangxi
De'ang 1,55 (original 15,462 Yunnan Benglong)
Ouzbek 1,48 Xinjiang
Jino 1,80 Yunnan
Yugur 1,23 Gansu
Bonan 1,17 Gansu
Derung 0,58 Yunnan
Tatar 0,51 Xinjiang
Oroqen 0,70 Mongolie Intérieure, Heilongjiang
Russe 1,35 Xinjiang
Gaoshan 0,29 Taiwan, Fujian
Hezhen 0,43 Heilongjiang
Monba 0,75 Tibet
Lhoba 0,23 Tibet
Source: french.peopledaily.com.cn

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