La
région, occupée dès le paléolithique,
a connu à partir du néolithique une civilisation
complexe. Entre le XIIe et le IVe siècle, deux royaumes
se forment peu à peu, correspondant aux deux unités
physiques: la riche Colchide sur la mer Noire, lieu mythique
de la Toison d'or, colonisée par les Grecs puis les Romains;
l'Ibérie intérieure, plusieurs fois sous domination
perse. Zone stratégique disputée entre les Byzantins
(christianisation au IVe siècle) et les Perses,
puis les Arabes, la Géorgie connaîtra son apogée
aux XIIe-XIIIe siècles, sous Georges III et
sa fille Thamar: la Géorgie va alors de la mer Noire
à la mer Caspienne et témoigne d'un riche développement
architectural et culturel. Un long déclin commence avec
les dévastations de Tamerlan; le territoire géorgien
devient un enjeu entre Perses et Turcs; au nom de l'appartenance
orthodoxe, il reçoit le soutien de la Russie, qui l'annexe
en 1801. Un projet d'insurrection contre l'occupation russe
échoue en 1832. Le XIXe siècle qui voit
l'émergence de mouvements populiste, nationaliste et
social-démocrate, est marqué par les conflits
sociaux. Un des organisateurs du Parti social-démocrate
est Iossif Djougachvili, plus connu sous le nom de Staline.
La révolution de 1905 rencontre un grand écho
en Géorgie. Brièvement indépendante entre 1918-1922,
puis intégrée à la Fédération
transcaucasienne, république distincte dans l'URSS en 1936,
la Géorgie est de nouveau indépendante depuis 1991.
La guerre civile de 1991-1993, contre les Abkhazes qui
veulent l'indépendance, puis contre les Ossètes
du Sud, auxquels on retira le statut d'autonomie régionale,
a contraint le président Edouard Chevardnadze (élu
en 1992 et réélu en 1995) à faire
appel aux troupes russes. Il a ainsi, avec le soutien de Moscou,
consolidé son pouvoir aux dépens de son adversaire,
Z. Gamsakhourdia, mais a dû concéder à
la Russie, non seulement son adhésion à la CEI,
mais aussi la concession de quatre bases militaires et la reconnaissance
d'un rôle protecteur. En 1999, le président
E. Chevardnadze semble être parvenu à apaiser
les tensions en Ossétie et en Abkhazie grâce à
un assouplissement de sa politique et à la signature
d'accords (mai), mais il doit faire face à une situation
politique fragilisée, notamment par les cicatrices laissées
par trois ans de purification ethnique en Ossétie. Sur
le plan économique, les réformes mises en œuvre
commencent à porter leurs fruits, notamment après
l'opération «mains propres» ordonnée
par le chef de l'État pour combattre la corruption au
sein du gouvernement, et qui a permis au pays d'obtenir le déblocage
d'une aide du FMI et de la Banque mondiale. Par ailleurs, l'achèvement
de la mise en place de l'oléduc Bakou-Supsa ouvre de
nouvelles perspectives économiques et de sécurité.