La terre d'Israël est considérée comme le
berceau du peuple juif, dont l'histoire antique fut marquée
par l'alternance de périodes de souveraineté et
de dominations extérieures et d'exodes, jusqu'à
sa dispersion finale (diaspora) à la suite de la conquête
romaine. Après des siècles de disparition, l'histoire
moderne d'Israël recommença dans les années
1880, avec les débuts de l'immigration sioniste qui allait
façonner une nouvelle identité du pays et aboutir
à la proclamation de l'État hébreu, en
1948.
Cette nouvelle histoire reste toutefois marquée, jusqu'à
nos jours, par la persistance de rapports conflictuels entre
Israël et ses voisins arabes et palestiniens.
La première immigration sioniste
Le milieu du XIXe siècle vit l'intrusion de plus
en plus pressante des nations européennes dans l'Empire
ottoman déclinant. En Palestine, outre par la modernisation
des communications, cette présence se manifesta sous
deux formes: des missions d'études bibliques et archéologiques
et, à partir des années 1881-1882, l'arrivée
de plus en plus nombreuse d'immigrants juifs d'Europe.
Chassés de Russie et d'Europe orientale par les pogroms
et les persécutions, et fuyant l'Europe occidentale où
se manifestaient à nouveau des formes de discriminations
antisémites (affaire Dreyfus en France), ces immigrants
juifs s'installèrent dans une Palestine alors province
de l'Empire ottoman et y fondèrent des colonies agricoles
avec l'objectif de donner aux juifs une patrie. Cette ambition
les distinguait nettement des quelque 25.000 juifs religieux
déjà présents depuis des siècles
sur cette terre (à côté de 450.000 Arabes
palestiniens), où ils s'y consacraient essentiellement
à la prière et à l'étude des textes
sacrés.
L'arrivée de ces immigrants marqua le début du
sionisme, un mouvement qui devait prendre un essor nouveau à
la charnière des XIXe et XXe siècles
sous une double impulsion. D'abord l'action d'un homme, Theodor
Herzl, qui lança le sionisme politique en le dotant d'un
manifeste (L'État des juifs, 1896) et d'une structure,
l'Organisation sioniste mondiale (1897), chargée de défendre
sur la scène internationale l'objectif de création
d'un État pour le peuple juif. Ensuite, la consolidation
d'une réalité sioniste en Palestine grâce
à une deuxième vague d'immigration (1904-1914).
Ce sionisme politique, aspiration au retour des Juifs en terre
d'Israël, allait en effet se manifester par plusieurs vagues
d'immigration successives, dites aliyah («montées»),
qui commencèrent dès 1878 avec la fondation de
Petah Tikvah, première communauté agricole juive
en Palestine. Ce mouvement, qui s'amplifia à la fin du
XIXe siècle à mesure que se multipliaient
les pogroms en Russie et en Ukraine, se heurta bientôt
à l'hostilité de l'administration ottomane. Après
la création de l'Organisation sioniste mondiale par Theodor
Herzl, au congrès de Bâle en 1897, et l'échec
de la révolution en Russie en 1905, les immigrants
de la seconde aliyah, fortement inspirés par l'idéologie
socialiste, créérent les premiers kibboutzim sur
des terres achetées par le Fonds national juif. En 1914,
85?000 Juifs étaient installés en Palestine.
Forte d'environ 40.000 personnes, cette immigration qui
se réclamait des idéaux du socialisme jeta les
bases de la société israélienne : mise
en place d'exploitations coopératives (kibboutz, mochav);
partis politiques; organisations paramilitaires d'autodéfense,
etc.
Ces institutions furent consolidées après la
Première Guerre mondiale : création d'une Agence
juive, fonctionnant comme un quasi-gouvernement, et d'une assemblée
législative représentant les juifs de Palestine;
formation d'une véritable armée clandestine; constitution
d'un super-syndicat, la Histadrout, qui intervenait dans une
infinité de domaines (économie, santé,
éducation...). Le Yichouv (communauté juive de
Palestine) connut une croissance démographique notable
puisque la population juive passa de 56.000 en 1918
à 400.000 en 1936
La Palestine sous mandat britannique
Ces transformations furent facilitées par le changement
de statut de la Palestine qui, à compter de 1922,
fut officiellement placée sous administration britannique.
Au cours de la Première Guerre mondiale, les Britanniques
s'étaient efforcés avec succès de libérer
le Proche-Orient de la tutelle ottomane. En décembre 1917,
le général Allenby entra à Jérusalem
à la tête d'une unité comprenant trois bataillons
de la Légion juive. En juillet 1922, la Société
des Nations confia un mandat à la Grande-Bretagne sur
l'ensemble de la Palestine (la Transjordanie, attribuée
à l'émir hachémite Abdallah, en fut peu
après détachée).
Selon les termes du mandat qui lui avait été
donné par la SDN, la Grande-Bretagne était tenue
de travailler à la mise en œuvre de la déclaration
Balfour du 2 novembre 1917 par laquelle elle manifestait
son engagement à favoriser l'établissement d'un
foyer national juif en Palestine. Dès lors, au-delà
de leurs liens historiques et spirituels avec cette terre, les
juifs appuieront dès lors la revendication de leurs droits
sur la Palestine sur le fait que, par deux fois, ces droits
auront été reconnus par la communauté internationale
: une première fois en 1917 par la déclaration
Balfour, et une seconde en 1922, par la Société
des Nations lorsque celle-ci désigna expressément
comme une des tâches de la Grande-Bretagne, investie d'un
mandat sur la Palestine, d'y «assurer l'établissement
d'un foyer national pour le peuple juif» (sans toutefois
avoir défini précisément un territoire).
L'immigration juive se poursuivit donc avec la troisième
puis la quatrième aliyah (1919-1923 et 1924-1930). La
cinquième aliyah (1933-1939), déclenchée
par l'arrivée des nazis au pouvoir en Allemagne, porta
l'effectif de la communauté juive de Palestine à
400.000 personnes en 1936.
Cependant, la déclaration Balfour avait été
fermement rejetée par les Arabes (90 % de la population
de la Palestine en 1922) et la période 1922-1940
fut marquée par de nombreux heurts opposant la population
arabe aux colons et immigrants juifs, et une série d'émeutes
anti-juives que la puissance mandataire, empêtrée
dans des promesses contradictoires, se montra incapable d'apaiser,
et qui s'acheva par une insurrection arabe de grande ampleur
(1936-1939) à la suite de laquelle les Britanniques restreignirent
de façon draconienne l'immigration juive, au moment même
où les juifs d'Europe, menacés par la montée
de l'hitlérisme, auraient eu plus que jamais besoin d'une
terre d'asile.
La création de l'État d'Israël et l'état
de guerre permanent (1948-1977)
Chronologie (1948) Chronologie (1948) La situation prit une
dimension dramatique après 1945 lorsque l'horreur
du génocide perpétré contre les juifs d'Europe
par les nazis apparut dans toute son ampleur et que, malgré
les mesures restrictives des Britanniques, les rescapés
de la Shoah affluèrent vers la Palestine. Désormais,
la communauté internationale ne pouvait plus ignorer
la question de la Palestine et, le 29 novembre 1947, l'Assemblée
générale de l'ONU recommanda une partition de
la Palestine en deux États, l'un juif, l'autre arabe,
Jérusalem devant être doté d'un statut international.
Ce vote, accueilli dans l'enthousiasme par les Juifs, souleva
la colère des Palestiniens et des pays arabes. Le conflit
israélo-arabe, qui, sous différentes formes, devait
durer jusqu'à aujourd?hui, commençait.
La première guerre israélo-arabe (1947-1949)
De décembre 1947 à la mi-mai 1948, les
combats mirent essentiellement aux prises l'armée juive
(Haganah) et les unités palestiniennes locales ; après
des débuts difficiles pour la Haganah, ce premier conflit
s'acheva par une victoire israélienne, le territoire
alloué à l'État juif par l'ONU étant
finalement totalement contrôlé par les troupes
juives. Le 14 mai 1948, veille de l'expiration du mandat
britannique, le Conseil national juif proclama l'indépendance
d'Israël dans les frontières qui lui avaient été
reconnues par l'ONU ; David Ben Gourion en devint
le premier Premier ministre.
Mais, dès le départ des troupes britanniques,
les combats israélo-palestiniens se transformèrent
en un conflit généralisé des pays membres
de la Ligue arabe contre le nouvel État : l'État
hébreu fut aussitôt envahi par les armées
de cinq États arabes (Égypte, Jordanie, Syrie,
Liban, Iraq). Après une période initiale où
les forces juives se trouvèrent dans une position critique
face à cette attaque conjuguée, Israël finit
par reprendre l'initiative en juillet 1948 et, au prix
de lourdes pertes, à repousser les armées arabes
et, même, à élargir le territoire initialement
en sa possession.
Cette première guerre israélo-arabe aboutit en 1949
à la fixation des frontières le long des lignes
d'armistice (accords de Rhodes), et à l'exil de la majorité
de la population palestinienne vers la bande de Gaza, sous administration
égyptienne, ou vers la Cisjordanie, alors rattachée
à la Jordanie. Dès 1950, 925?000 Arabes
palestiniens réfugiés étaient inscrits
sur les registres de l'UNRWA, et les États de la Ligue
arabe, à défaut d'avoir vaincu Israël sur
le terrain, s'engagèrent dans une stratégie de
harcèlement (infiltrations de fedayins, boycottage économique…)
qui allait déboucher sur une nouvelle guerre.
La guerre du Sinaï (octobre-novembre 1956)
Le nouvel État hébreu, en même temps qu'il
mettait en place ses institutions, eut également à
faire face à un nouvel afflux d'immigrants, particulièrement
de juifs fuyant les pays arabes d'Afrique du Nord (Maroc, Tunisie)
et d'Asie (Yémen, Iraq, Syrie, Iran). La population juive
doubla en quatre ans pour atteindre 1?300?000 personnes
en 1952.
L'expédition de Suez (document Le Monde) Suez et Budapest
: les conflits croisés de 1956 (document Le Monde) Chronologie
(1956) Menacé par un isolement croissant (conclusion
de pactes militaires inter-arabes, incursions égyptiennes
et jordaniennes, et, finalement, blocus du golfe d'Eilat par
les Égyptiens), Israël choisit d'intervenir préventivement;
le 29 octobre 1956, en accord avec la Grande-Bretagne et
la France qui, de leur côté, entendaient faire
échec à la nationalisation du canal de Suez par
Gamal Abdel Nasser, les forces armées israéliennes
lançèrent une foudroyante offensive contre l'Égypte.
Les forces égyptiennes ayant été paralysées
par une attaque de l'aviation israélienne, la totalité
de la péninsule du Sinaï fut conquise en quelques
jours et Israël se trouvait sur les rives du canal de Suez
lorsqu'il dut rebrousser chemin sous la pression conjointe des
Soviétiques et des Américains. Condamné
par le Conseil de Sécurité de l'ONU, qui exigea
un cessez-le-feu immédiat, Israël arrêta les
opérations militaires en pleine victoire (8 novembre)
et dut retirer ses troupes de Gaza (3 mars 1957).
Malgré une persistance de la tension au Proche-Orient
(en 1957, Israël s'inquiéta notamment de la
fourniture d'armements par les Etats-Unis à la Jordanie),
le pays bénéficia ensuite pendant quelques années
d'une période de calme relatif qui permit la consolidation
puis la croissance de son économie.
La guerre des Six-Jours (5-10 juin 1967)
La guerre des Six-Jours (document Le Monde) Chronologie (1967)
Bien que la décennie 1956-1965 fut relativement calme
- en dépit d'incidents répétés
avec les Égyptiens et des attaques de groupes palestiniens
qui, en 1964, fondèrent l'Organisation de libération
de la Palestine (OLP) -, rien n'avait changé sur
le fond et ce blocage allait conduire à un nouvel affrontement.
En mai 1967, l'Égypte, après avoir exigé
le départ des «casques bleus» de l'ONU stationnés
depuis 1957 sur la ligne d'armistice, transféra dans
le Sinaï d'importantes forces militaires et imposa le blocus
du détroit de Tiran, seul accès d'Israël
à son port d'Eilat sur la mer Rouge. Dans le même
temps, la Jordanie, la Syrie et l'Iraq massèrent leurs
troupes à l'est du Jourdain. Devant cette situation,
le 5 juin, l'armée israélienne, menée
par le général Moshe Dayan, déclencha une
attaque préventive. Après une guerre éclair
qui s'acheva par une déroute des armées arabes,
Israël se retrouva en possession de la partie Est de Jérusalem,
qui fut immédiatement annexée à l'État
hébreu, et d'un formidable rempart stratégique
: le Sinaï et la bande de Gaza (38?000 km²),
les hauteurs du Golan (700 km²) et la Cisjordanie
(5?800 km²), qui furent placés sous administration
militaire.
Tandis que les premières colonies juives s'implantaient
dans certains endroits stratégiques de ces «territoires
occupés», le Conseil de sécurité
de l'ONU votait sa résolution 242 visant à
établir une paix équitable et durable en assurant
des frontières sûres et reconnues à tous
les États de la région, et désormais document
de référence pour toute tentative de règlement
du conflit.
La guerre de Kippour (octobre 1973) La guerre de Kippour (document
Le Monde) Chronologie (1973) Les années 1969-1970 furent
de nouveau marquées par une «guerre d'usure»
le long du canal de Suez (duels d'artillerie, raids de l'aviation
israélienne en Égypte), et la persistance de l'impasse
politique poussa l'Égypte à lancer avec la Syrie
et la Jordanie une brutale attaque-surprise contre l'État
hébreu, le 6 octobre 1973 (Yom Kippour, jour du
Grand Pardon). D'abord sur la défensive, Israël
parvint finalement une nouvelle fois à repousser ses
adversaires.
La paix séparée avec l'Égypte (1979)
Chronologie (1979)
En 1974, Israël conclut deux accords de désengagement,
avec l'Égypte d?abord, puis avec la Syrie. Un nouvel
accord intérimaire conclu en octobre 1975 entre
Israël et l'Égypte ouvrit la voie à un changement
géopolitique majeur.
En Israël, les électionsde 1977 avaient porté
au pouvoir le Likoud, bloc de partis de la droite libérale.
De son côté, désireux de remplacer l'aide
économique de l'URSS par celle des États-Unis,
le président égyptien Anouar el-Sadate, successeur
de Nasser, savait qu'il devait faire la paix avec Israël.
Le Premier ministre israélien, Menahem Begin, répondit
positivement à l'initiative de paix engagée par
le président égyptien, qui effectua une visite
surprise à Jérusalem en novembre 1977. À
la suite de cette démarche historique, les négociations
menées à l'initiative du président américain
Jimmy Carter aboutirent aux accords de Camp David (septembre 1978),
puis, en mars 1979, à la signature d'un traité
de paix qui permit à l'Égypte de récupérer
la totalité du Sinaï (avril 1982). La normalisation
des relations avec le plus grand des États arabes constituait
pour Israël un succès diplomatique et un gain stratégique
indéniable mais allait replacer sur le devant de la scène
régionale une question toujours non résolue :
celle des Palestiniens.
De l'Intifada à un processus de paix incertain Chronologie
(1987)
De 1948 à 1973, le conflit israélo-arabe
avait été essentiellement un affrontement entre
Israël et les États arabes. À partir du milieu
des années 1970 et après la guerre du Kippour,
ce conflit retrouva progressivement sa dimension originelle
de confrontation entre juifs et Palestiniens. Deux facteurs
contribuèrent à ce changement : la réémergence
des Palestiniens comme force politique (création de l'OLP
en 1964, développement des groupes de fedayins)
et le fait qu'Israël se trouva, dans les territoires occupés
depuis 1967, face à une société palestinienne
qui refusait d'être dominée et s'insurgea contre
l'implantation de colonies juives.
Chronologie (1993) Après avoir annexé le Golan
(1981), le gouvernement israélien dirigé par Menahem
Begin lança une vaste offensive militaire au Liban où
l'OLP avait ses bases principales (opération «Paix
en Galilée», en juin 1982). Si Yasser Arafat
fut chassé de Beyrouth, la guerre ne fit pas disparaître
la question palestinienne. Celle-ci se posa au contraire avec
une force nouvelle, à partir de décembre 1987,
en Cisjordanie et à Gaza avec le déclenchement
de l'Intifada, vaste mouvement de protestation contre l'occupation
militaire israélienne. Dans le contexte né de
la défaite irakienne dans la guerre du Golfe (1991),
les États-Unis parvinrent finalement à relancer
un processus de paix destiné à mettre définitivement
fin au conflit israélo-arabe, y compris dans sa dimension
palestinienne (conférence de Madrid, octobre 1991). Très
vite, cependant, ce processus s'enlisa. Israéliens et
Palestiniens engagèrent alors des négociations
secrètes en Norvège qui aboutirent à la
reconnaissance mutuelle entre l'OLP et Israël et à
la signature d'une «déclaration de principes sur
l'autonomie des territoires occupés» (septembre
1993).
Obsèques d'Yitzhak Rabin Cette «révolution
copernicienne» permit la constitution sur une fraction
de la Cisjordanie et de la bande de Gaza d'une Autorité
palestinienne élue, dotée de certains pouvoirs.
Elle favorisa aussi un certain rapprochement entre Israël
et les États arabes dont la manifestation la plus spectaculaire
fut la conclusion d'un traité de paix avec la Jordanie
(octobre 1994). Toutefois, le processus d'Oslo rencontrait de
nombreuses résistances, aussi bien chez les Palestiniens
(islamistes) que chez les Israéliens (colons, droite).
Cette opposition prit une tournure dramatique avec l'assassinat
du Premier ministre Yitzhak Rabin par un fanatique religieux
israélien, le 4 novembre 1995, qui fragilisa un
processus de paix pourtant bien engagé (accord de Taba,
dit aussi Oslo II) mais que rendit plus incertain le retour
aux affaires du Likoud après l'élection de Benyamin
Netanyahou en mai 1996 aux dépens de Shimon Peres,
et la reprise de l'implantation des colonies de peuplement dans
les zones palestiniennes. Le début de l'année
1998 fut marqué par l'échec des tentatives de
négociations initiées une nouvelle fois par les
États-Unis pour relancer le processus de paix au Proche-Orient
et par la fermeté de la politique de Benjamin Netanyahou,
qui autorisa la construction de nouveaux logements destinés
à abriter des colons juifs à Jérusalem-Est
et en Cisjordanie.
Chronologie (2000) Ainsi, après une période de
léthargie sous Benyamin Nétanyahou (1996-1999),
la victoire d'Ehoud Barak laissait espérer que le processus
de paix retrouverait un nouvel élan. Le sommet de Camp
David (juillet 2000) convoqué sous la houlette des États-Unis
avait pour ambition de parvenir à un règlement
définitif du conflit. Son échec eut l'effet inverse
: il le relança. Fin septembre, après une visite
controversée d'Ariel Sharon sur l'esplanade des mosquées,
une nouvelle Intifada recommençait, qui, en l'espace
d'un an, allait faire plus de 1?300 morts (dont un millier
de Palestiniens et 300 israéliens), gravement affecter
les économies régionales et conduire à
une formidable régression politique.
Après l'échec de nouvelles tentatives de relance
du processus de paix, entreprises en septembre 2001 entre
le président de l'Autorité palestinienne et le
chef de la diplomatie israélienne, à l'issue d'une
année ponctuée par les attentats-suicides palestiniens
et marquée par les actes terroristes perpétrés
aux États-Unis, la poursuite de la violence faisait,
une nouvelle fois, reculer les perspectives d'un accord durable.
En mars 2002, après que les médiations internationales
se furent soldées elles aussi par des échecs successifs,
l'Onu adoptait, lors d'un vote historique, la résolution
1397, mentionnant pour la première fois, « la
vision d'une région dans laquelle deux États,
Israël et Palestine, vivent côte à côte
à l'intérieur de frontières reconnues et
sûres ».
État et institutions Israël est une démocratie
parlementaire, dépourvue de constitution formelle. Onze
lois fondamentales ont néanmoins été adoptées
depuis 1958 afin d'organiser les institutions publiques.
L'organe suprême de l'État d'Israël est la
Knesset, le parlement monocaméral, comprenant 120 députés.
Une part importante du travail de la Knesset est la proposition
et l'examen des projets de loi (95 % de ces projets sont
soumis par le gouvernement). La Knesset a également une
fonction de contrôle de l'action gouvernementale et peut
engager une procédure de censure (situation exceptionnelle
qui ne s'est produite qu'une seule fois depuis la création
de l'État, en mars 1990). Les députés sont
élus au suffrage universel, en principe tous les quatre
ans, à la proportionnelle sur listes nationales, sans
possibilité de panachage, le pays tout entier ne formant
qu'une seule circonscription.
Si ce système électoral présente des avantages
(«photographie» exacte de l'opinion publique dans
toute la diversité de ses opinions), il contribue à
un extrême morcellement des forces politiques qui empêche
la formation de gouvernements homogènes et nécessite
la constitution de coalitions, comprenant de très nombreux
partis, d'options parfois difficilement compatibles. Pour corriger
les effets de cette fragmentation, la désignation du
Premier ministre au suffrage universel direct a été
introduite en 1996. L'ambition de cette réforme
était de faire naître une logique majoritaire,
les électeurs devant finalement départager deux
hommes, et donc choisir entre deux camps (droite/gauche). Le
remède s'est avéré pire que le mal. Loin
de bénéficier d'une stabilité plus grande,
le Premier ministre s'est trouvé plus que jamais soumis
au chantage permanent des petits partis. La preuve : ni Benyamin
Nétanyahou, candidat du Likoud, élu en 1996,
ni Ehoud Barak, leader du Parti travailliste, choisi en mai 1999,
n'ont terminé leur mandat, tous deux ayant été
lâchés par des partis-pivots de leur coalition
gouvernementale. Prenant acte de cet échec, les députés
sont revenus sur cette réforme en abolissant, en mars 2001,
l'élection directe du Premier ministre.
Le gouvernement constitue l'autorité exécutive
de l'État et possède le véritable pouvoir
politique. L'écrasante majorité des ministres
- à commencer par le premier d'entre eux -
sont des parlementaires. Le gouvernement est collectivement
responsable devant la Knesset. Depuis sa création, Israël
a été dirigé par onze Premiers ministres
différents.
Le Président de l'État d'Israël a, dans
le dispositif institutionnel, une place limitée. Élu
pour cinq ans par la Knesset, à la majorité absolue
(61 voix), il a une fonction de représentation,
de ratification et de nomination. Sept présidents se
sont succédé à la tête de l'État
depuis 1948.
Du fait de la taille réduite du pays, les autorités
centrales ont un poids considérable, les collectivités
locales ne jouant, au niveau municipal, qu'un rôle secondaire.
Prestataires de services (entretien, santé...), les municipalités
dépendent largement, pour leur budget, de dotations de
l'État. Bien qu'élus directement par les résidents
de la commune, les maires ne sont pas généralement
des figures nationales, à l'exception de ceux dirigeant
les trois grandes villes, en particulier Jérusalem.
Les évolutions du système politique Israël
a connu trois étapes importantes dans sa vie politique.
De 1949 à 1977, le système politique
a fonctionné autour d'un parti dominant «socialisant»,
le Mapaï, puis le parti travailliste. De 1949 à 1963,
ce fut l'ère de Ben Gourion (1949-1963). Le «père
fondateur» de l'État qui n'acceptait pas facilement
de se voir porter la contradiction s'employa à renforcer
la cohésion nationale et à faire d'Israël
un acteur essentiel du jeu régional. Ses successeurs
(Lévy Eshkol, Golda Meir, Yitzhak Rabin) tentèrent
de préserver la suprématie du courant travailliste
dans un contexte marqué par deux guerres (1967, 1973).
Celle de Kippour (octobre 1973) ouvrit une grave crise
de confiance dans l'opinion publique et accentua les luttes
de tendances à l'intérieur du parti, en particulier
entre le Premier ministre, Yitzhak Rabin, et le ministre de
la Défense, Shimon Pérès. Cette décomposition
interne contribua à la défaite retentissante du
Mapaï en mai 1977 et au succès du Likoud. La
victoire du parti de droite dirigé par Menahem Begin
constitua un bouleversement majeur de la vie politique puisqu'elle
permit la première véritable alternance politique.
Ce succès, le Likoud le devait aux couches populaires
sépharades qui se considèraient comme les laissés-pour-compte
de la gauche. Cette alliance perdura mais elle ne permit pas
de faire du Likoud le nouveau parti dominant. À partir
de 1984, la bipartition s'installa en effet dans la vie
politique, avec une gauche et une droite disposant de forces
à peu près égales. Résultat : jusqu'en 1990,
Likoud et Parti travailliste constituèrent ensemble un
gouvernement d'union nationale.
La décennie suivante fut marquée par une série
d'alternances gouvernementales qui ont souligné combien
le système politique était devenu instable. Élu
en 1992, Yitzhak Rabin imprima à la diplomatie israélienne
un tournant radical en engageant avec l'ennemi d'hier, l'OLP,
des négociations pour parvenir à un règlement
de paix définitif. Cette décision courageuse suscita
des oppositions de plus en plus vives dans certains secteurs
de la société israélienne. Le 4 novembre
1995 l'irréparable se produisit : le Premier ministre
fut assassiné à Tel Aviv par un juif ultra-nationaliste
religieux. Le crédit de son héritier politique,
Shimon Peres, disparut rapidement, emporté par la violence.
En février-mars 1996, cinq attentats-suicides perpétrés
par des islamistes palestiniens traumatisèrent profondément
l'opinion et permirent au candidat de la droite, Benyamin Netanyahou,
de remporter les élections. Toutefois, ni lui, ni son
successeur de gauche, Ehoud Barak, élu en mai 1999,
ne furent en mesure de se maintenir durablement au pouvoir.
La raison de cette usure rapide tient en grande partie à
l'extrême fragilité de leurs majorités gouvernementales,
très dépendantes de petites formations, surtout
de nature communautaire comme le Shas («Sépharades
gardiens de la Torah») ou le parti russe «Israel
ba-Aliyah». Cette fragmentation de la vie politique est
à l'image d'une société israélienne
fortement hétérogène.
Société
État du peuple juif, Israël est ouvert par définition
à tous les juifs de la diaspora qui bénéficient
d'un droit naturel à y immigrer et à en devenir
citoyens. Cet afflux permanent d'immigrants soulève la
question du lien national. Durant les quinze premières
années de sa nouvelle existence, Israël a défendu
une intégration nationale par fusion qui supposait que
les nouveaux arrivants abandonnent leur identité d'origine
et se laissent absorber dans leur nouvelle société
d'accueil. Cette logique du «melting pot» réclamait
une forte intervention de l'État à travers deux
instruments de socialisation, l'école et l'armée.
Ces deux institutions ont ainsi puissamment contribué
à nourrir un patriotisme israélien qui s'est par
ailleurs renforcé avec l'usage de l'hébreu comme
langue parlée, abondamment diffusée par les mass
média, et l'attachement envers une territorialité
spécifique (nourri par l'étude de la Bible, l'archéologie,
les excursions à travers le pays).
Si un fort sentiment d'appartenance national a vu le jour,
la société israélienne reste toutefois
fortement divisée selon trois lignes de fracture.
Les Arabes israéliens Comme tous les États du
Proche-Orient, l'État d'Israël est fondé
sur la reconnaissance des appartenances communautaires. Par
conséquent, juifs, Arabes et Druzes (secte hétérodoxe
de l'islam) sont officiellement considérés comme
des groupes ethniques différents. Le million d'Arabes
et de Druzes possèdent de plein droit la citoyenneté
israélienne mais leur statut de minoritaires dans un
État juif les place souvent dans une situation très
délicate. Soumis jusqu'en 1966 à une administration
militaire qui restreignait sévèrement leurs libertés
civiles, les Arabes d'Israël virent leurs terres expropriées
et remises à des localités juives et des kibboutzim.
Quant aux ressources qui leur étaient allouées,
elles étaient notoirement plus réduites que celles
destinées aux juifs (subventions publiques, dotations
budgétaires aux conseils locaux et municipaux...).
Bien que la situation objective des Arabes d'Israël se
soit améliorée depuis les années 1970
(et soit, dans l'ensemble, souvent meilleure que celles de beaucoup
de leurs frères vivant dans des pays arabes), leur intégration
dans un État juif dont ils ne partagent ni les valeurs,
ni les symboles demeure nécessairement problématique.
Leur présence dans les sphères étatiques
est faible : ils sont largement absents de la haute fonction
publique et il fallut attendre 2001 pour voir un Arabe
nommé ministre. Situés à la périphérie
politique de la société israélienne, les
Arabes apportent majoritairement leurs suffrages à des
partis non sionistes (Parti communiste, Parti démocratique
arabe) et poursuivent une stratégie de consolidation
communautaire qui passe de façon croissante par l'islam.
De plus, tout en exigeant l'égalité de traitement
avec leurs concitoyens juifs, ils ont réaffirmé,
au contact des Palestiniens en Cisjordanie et à Gaza,
leur identité palestinienne.
Socialement, les Arabes d'Israël ont connu un changement
profond depuis 1949. À cette époque, ils
étaient 75 % à être employés
dans l'agriculture, aujourd?hui ils ne sont plus que 10 %.
La majorité des actifs arabes se retrouvent, pour moitié,
dans le secteur industriel et la construction, et pour moitié
dans les activités de service (commerce, transport).
Cette modernisation accélérée de la structure
professionnelle s'est accompagnée d'une urbanisation
intense : alors que trois quarts des Arabes vivaient, avant 1948,
dans des villages, la même proportion vit aujourd?hui
dans des villes. Sur le plan éducatif, les Arabes sont
convenablement scolarisés, dans l'enseignement secondaire,
mais dans le supérieur ils n'étaient à
la fin des années 1990 que 7?000 (sur 110?000 étudiants).
Cette présence marginale n'est pas due uniquement à
un niveau scolaire inférieur (maîtrise imparfaite
de l'hébreu, programmes scolaires différents)
mais aussi à la difficulté pour eux de trouver
un emploi correspondant à leurs qualifications au sein
d'une économie juive dans laquelle ils pénètrent
difficilement.
Ashkénazes et Sépharades Autant les différences
entre juifs et Arabes sont officiellement reconnues, autant
celles entre juifs sont récusées par un État
fondé sur le postulat de l'unité du peuple juif.
Pourtant, les conditions mêmes dans lesquelles la société
israélienne s'est étoffée humainement (par
immigrations successives) ont perpétué un clivage
entre Ashkénazes (juifs originaires d'Europe et d'Amérique)
et Sépharades (juifs originaires des pays d'islam). La
population juive est aujourd?hui à peu près également
distribuée entre ces deux groupes ethniques. Bien que
les Sépharades aient connu une ascension sociale certaine
depuis les années 1970 (forte pour les Irakiens, faible
pour les Marocains) et que les phénomènes de convergence
(dans les modes de vie, les pratiques familiales, etc.) soient
réels, la constitution d'une nation juive-israélienne
par amalgame des immigrants est encore lointaine. La persistance
d'un écart ethnique important dans les domaines éducatif
et professionnel au détriment des Sépharades atteste
que la stratégie de fusion dans un creuset commun n'est
pas totalement parvenue à ses fins. Ainsi les élèves
d'origine orientale sont très présents dans les
écoles professionnelles alors que leurs condisciples
ashkénazes se dirigent majoritairement vers l'enseignement
général. À l'université, les Sépharades
ont cinq fois moins de chance d'obtenir un diplôme que
les Ashkénazes. Au niveau économique, les juifs
des pays d'Islam sont nombreux parmi les ouvriers et les petits
artisans alors que les juifs d'Occident forment les gros bataillons
des classes moyennes et dominent l'élite économique,
universitaire et médiatique. Le mécontentement
du «second Israël» par rapport à cette
situation s'est traduit politiquement par le soutien accordé
au Likoud à partir de 1977, mais aussi par la mobilisation
inédite de la «sépharadité»
à travers le parti Shass. Ce dernier associe appel à
une pratique rigoriste du judaïsme et valorisation de la
spécificité ethno-culturelle des juifs des pays
d'Islam. En offrant un ensemble de services (jardins d'enfants,
écoles primaires...), le Shass est parvenu à renforcer
sa base sociale et à s'imposer de plus en plus comme
le porte-parole de l'«Israël sépharade»
économiquement défavorisé et culturellement
marginalisé.
Ce processus de communautarisation n'est d'ailleurs pas limité
au monde sépharade. L'entrée à la Knesset
en 1996, sous le label «Israel ba-Aliya», de sept
députés élus par les nouveaux immigrants
des pays de l'ex-URSS atteste de la constitution d'une forte
communauté russophone. Un certain nombre de facteurs
entretiennent la tendance à la mobilisation communautaire
: le poids démographique, le profil identitaire (forte
déjudaïsation allant de pair avec la valorisation
d'une identité culturelle russe), l'organisation interne
très complète (associations, presse et télévision
en russe),...
Ce processus de pluralisation, ou de communautarisation, de
la société israélienne s'opère par
ailleurs dans un contexte d'intensification de l'opposition
entre religieux et laïcs.
Religieux et laïcs
Dès le départ, Israël s'est défini
comme un État juif, c?est-à-dire un État
devant assurer, à travers ses institutions, un projet
de vie collective juive. Même si le contenu précis
de cette identité nationale n'a jamais été
clairement déterminé, le caractère juif
de l'État impliquait que le droit de la famille et l'espace
public étaient partiellement régis par une législation
d'origine religieuse. D'où l'adoption d'une série
de lois réglementant le respect du shabbat, la distribution
de nourriture kascher dans les cantines publiques, les restrictions
à l'élevage et à la commercialisation de
porc, etc. et attribuant la gestion des mariages et divorces
aux seules autorités religieuses.
Ce statu quo où l'État concède certaines
compétences à la sphère religieuse s'est
maintenu jusqu'à aujourd?hui malgré de nombreuses
crises. Il est toutefois malmené dans un contexte où
la réaffirmation religieuse dans certains secteurs va
de pair avec l'approfondissement de la sécularisation
de la société.
Le pôle religieux, qui regroupe environ un quart de la
population juive, est composé de deux courants, ultra-orthodoxe
et sioniste-religieux. Bien que séparés par d'importantes
controverses théologiques quant à la signification
religieuse à accorder à l'État d'Israël,
ces deux groupes défendent une même interprétation
rigoriste du judaïsme et sont favorables à une présence
plus grande de la religion dans la vie publique. Le rôle
pivot que les partis religieux remplissent dans les différentes
coalitions gouvernementales leur donne de plus un moyen de pression
idéal pour faire avancer leurs revendications. Toutefois,
l'activisme des groupes religieux se heurte à l'opposition
d'autres secteurs de la société israélienne
qui défendent une laïcité plus ou moins affirmée
(allant pour certains jusqu'à la séparation de
la synagogue et de l'État). Les logiques individualistes
tant dans les domaines économique (encouragement à
la libre entreprise), matériel (société
de consommation) que juridique (protection croissante de droits
individuels) s'affirment par ailleurs de plus en plus fortement.
La poursuite de la dynamique de sécularisation renforce
le groupe des «laïcs radicaux» pour lesquels
Israël doit entrer dans une logique post-nationale, c?est-à-dire
devenir une société libérale, neutre d'un
point de vue religieux et intégrée à la
modernité avancée.
Ces deux mouvements contradictoires qui amènent les
uns à prôner un État selon la Torah et les
autres à se faire les avocats d'un Israël post-sioniste
ont tendance à structurer le débat à l'intérieur
de la société israélienne, même s'il
existe entre les deux pôles un vaste conglomérat
«centriste» de personnes attachées à
la nature hybride de l'État d'Israël comme État
juif et démocratique.
Le jeu complexe de ces différents clivages - juifs/Arabes,
Sépharades/Ashkénazes, religieux/laïcs -
définira les contours de l'État d'Israël
de demain mais ses effets seront largement tributaires de la
situation géopolitique d'Israël au sein du Proche
et du Moyen-Orient.
Éducation et santé L'ensemble de la population
bénéficie de services sociaux très développés,
pour l'essentiel liés aux secteurs public (État
et autorités locales) et parapublic (avec la puissante
confédération syndicale de la Histadrouth). Les
dépenses d'éducation et de santé absorbent
respectivement 9 % et 8 % du PNB. La scolarité,
obligatoire de 6 à 16 ans, est gratuite jusqu'à
18 ans. Près de 80 % des jeunes suivent le
cycle complet des enseignements primaire (6 ans), intermédiaire
(3 ans) et secondaire (3 ans). Le Technion, institut technologique
d'Israël, et l'Université hébraïque
de Jérusalem ont été complétés
depuis l'indépendance par l'Institut scientifique Weizmann
et les universités de Tel-Aviv-Jaffa, Haïfa, Ramat
Gan et Beersheba. Ces établissements, qui développent
parallèlement une intense activité de recherche
et développement, accueillent 65?000 étudiants.
Les écoles supérieures de spécialités
diverses en reçoivent 33?000.
Partant d'un acquis déjà important en 1948,
Israël a mis en place un des réseaux sanitaires
les plus denses du monde. La recherche médicale jouit
d'une renommée internationale. Les grands problèmes
de santé sont ceux d'un pays développé:
importance des maladies cardiaques et des cancers, poids croissant
de la population âgée, risques liés à
la dégradation de l'environnement.
Culture et civilisation Israël a élaboré
une culture originale, synthèse de l'héritage
biblique et talmudique et des traditions variées de la
Diaspora.