Au
1er octobre 2000, le Japon comptait 126.925.843 habitants,
ce qui le plaçait au neuvième rang mondial des
États les plus peuplés. La densité de sa
population (336 h./km2) le classait au sixième rang (micro-États
exclus), à égalité avec la Belgique, avant
l'Inde, et après le Bangladesh, Taiwan, la Corée
du Sud, le Liban et les Pays-Bas. Mais comme seule une petite
portion du territoire est considérée comme habitable,
la densité de la population est très élevée.
De
plus, les hommes sont très inégalement répartis
entre les diverses régions. Les deux tiers de la population
résidant sur 2 % du territoire, la densité
s'élève en fait à plus de 4.000 h./km²
dans les «zones de peuplement dense» et, si l'on
appliquait au Japon les critères en usage en France,
on estimerait que neuf personnes sur dix vivent dans les villes.
Le Japon est en effet l'un des pays les plus urbanisés
du monde, et celui qui compte les plus grandes zones habitées.
Près de la moitié des Japonais vivent sur moins
de 1 % du territoire, dans les trois conurbations de Tokyo-Yokohama
(30,35 millions d'habitants), Nagoya (8,76 millions)
et Osaka-Kobe-Kyoto (16,25 millions), ces trois pôles
formant ce qu'il est convenu d'appeler la «Mégalopole
du Tôkaidô», la Mégalopole du Pacifique
concentre aujourd'hui près de 75 % de la population
japonaise et produit 90 % du PIB.
Une
race japonaise ?
L'histoire officielle a longtemps présenté les
Japonais comme une «ethnie unique», une race pure
qui aurait peuplé les îles de toute éternité.
Ce mythe est aujourd'hui battu en brèche par l'archéologie.
À l'époque Jômon (10 000-300 av. J-C), le
peuplement de l'archipel mêlait des éléments
venus d'Asie centrale et de Sibérie, et d'autres venus
du bassin du Yangzi et des îles du Pacifique. À
l'ère Yayoi (de 300 av. J-Cà 300 ap. J-C), des
éléments venus de Chine par la Corée ont
généralisé la riziculture inondée.
Vers le IVe siècle, un «peuple cavalier»
venu de Chine aurait débarqué par le Kyushu et
progressé vers le Nord en soumettant les occupants précédents,
jusqu'à la plaine du Kanto où il aurait créé
le premier État japonais. Du moins est-ce une explication
plausible des changements qui se produisirent à l'ère
des «Anciens Tertres»... Un mince courant d'immigration
coréenne est attesté jusqu'au VIIIe siècle.
Le Nord de Honshu restait occupé par des groupes autochtones,
les mystérieux emishi, dont on ne sait presque rien,
et qui ne disparaîtront qu'au Xe siècle. Jusqu'au
XIXe siècle, Hokkaido restera le territoire des
Aïnus, un peuple caucasien de haute stature, aux yeux bleus.
Mais
si les Japonais sont à l'origine le produit de métissages,
qui se traduisent par une diversité de teints et de physionomies
que l'Occidental ne repère pas toujours, il reste vrai
qu'il n'y a plus eu d'apports extérieurs de populations
depuis une douzaine de siècles. Un long brassage en vase
clos a ainsi permis aux gènes dominants (yeux marron
et cheveux noirs) d'éliminer progressivement les autres,
donnant ainsi naissance à une population d'aspect physique
assez homogène pour nourrir le mythe de l'«ethnie
unique».