Passage obligatoire pour la Route de la soie, le territoire
de l'Ouzbékistan est maîtrisé à tour
de rôle par les Perses (VI- IVe siècle av. J-C),
par les Macédoniens (Alexandre le Grand), par les Turcs*
(VIe apr. J-C), par les Arabes (VIIe et VIIIe siècle,
quand la population est alors islamisée) et de nouveau
par les Turcs, pendant les Xe, XIe et XIIe siècles.
C'est alors que la région reçoit le nom de Turkestan.
Les Ouzbeks sont les descendants des Mongols établis
entre les deux fleuves Amou-Daria et Syr-Daria. Après
avoir fait partie des empires de Gengis Khan et de Tamerlan,
le territoire d'Ouzbékistan est divisé, durant
les XVIe et XVIIe siècles, en plusieurs khanats:
Kherezm, Boukhara et Kokand. Entre 1868 et 1876, les
trois khanats sont intégrés à la Russie,
mais ils restent autonomes. Malgré la résistance
acharnée contre la soviétisation, en 1918
est proclamée la RASS de Turkestan, intégrée
à la RSFS de Russie. L'opposition armée empêche
l'intégration en bloc du territoire. En 1920, le
khanat Khiva est transformé en République populaire
soviétique du Kharezm, et l'émirat Boukhara en
République populaire soviétique de Boukhara, incluses
dans la RSSA de Turkestan, puis (1924) en RSS d'Ouzbékistan
comme nouvelle République de l'Union soviétique,
qui détenait aussi le Tadjikistan (jusqu'en 1929).
Confronté en 1989 à des graves heurts interethniques
internes (entre les Ouzbeks et les Meskhs, population géorgienne
musulmane déportée par Staline), l'Ouzbékistan
proclame en 1991 son indépendance et adhère
à la CÉI. En 1992, le pays est admis dans
au sein de la CSCE (Conférence sur la sécurité
et la coopération en Europe) et de l'ONU. Tout en gardant
de bonnes relations avec la Russie, l'Ouzbékistan cherche
d'autres partenaires économiques, aux États-Unis
(ces derniers sont devenus depuis 1995 un de ses principaux
partenaires), en Europe occidentale et en Asie, et à
établir de nouvelles relations politiques avec les pays
islamiques de l'Asie centrale et du Moyen-Orient.
Inquiets de voir se renforcer l'opposition islamiste à
l'intérieur comme à l'extérieur (les taliban
sont présents dans le gouvernement tadjik), les dirigeants
ouzbeks renforcent leurs liens avec la Russie. Depuis 1991,
l'ex-premier secrétaire du Parti communiste ouzbek, Islam
Abdouganïevitch Karimov, est président de la République.
Il est réélu en janvier 2000 en recueillant 91?90 %
des suffrages lors des élections générales.
Cependant, les modalités de ce scrutin, organisé
alors que les principaux opposants au régime se trouvent
en exil et que les médias sont contrôlés
par le pouvoir, sont dénoncées par l'Organisation
pour la sécurité et la coopération en Europe
(OSCE). Par ailleurs, en 2002, la durée du mandat présidentiel
est passée de cinq à près de huit ans,
à l'issue d'un référendum relatif au septennat
présidentiel.