Né
le 02 septembre 1869
Décédé le 30 janvier 1948 (à l'âge
de 78 ans)
Mohandas
Karamchand Gandhi est né le 2 octobre 1869 à Porbandar
dans l'état du Gujarat. Il est issu de la caste des Vayshia
et sa famille est relativement aisée. Enfant, sa mère
lui inculque les valeurs hindouistes mais il apprend aussi à
connaître les autres religions et la tolérance
à leur égard. C'est sans doute pendant cette période
que se forgent les convictions morales de Gandhi. Conformément
aux coutumes de sa caste, sa famille le marie à 14 ans
avec Kasturbai qui restera son épouse toute sa vie. En
grandissant Gandhi devient convaincu qu'il ne sera quelqu'un
qu'en rompant avec les coutumes de l'Inde et en copiant le style
de vie des anglais. C'est donc logiquement qu'il s'embarque
pour l'Angleterre en 1888 en laissant femme et enfant pour y
faire ses études de droit. C'est paradoxalement à
Londres que Gandhi lit les principaux textes de l'hindouisme,
notamment la Baghavad-Gita qui l'influencera profondément.
Il découvre aussi la vie de Bouddha, Jésus, Mahomet
et fait la connaissance des théosophes anglais.
Après
trois années en Angleterre et son diplôme d'avocat
en poche, Gandhi rentre en Inde. Malheureusement sa vie professionnelle
s'enlise et il reste tiraillé entre ses racines hindoues
et son attirance pour la bourgeoisie occidentale. En 1893 une
entreprise indienne lui propose de se rendre en Afrique du Sud
pour y défendre ses intérêts lors d'un procès.
Gandhi accepte. Il ne le sait pas encore, mais c'est le tournant
de sa vie.
Dès
son arrivée là-bas il est confronté à
la discrimination raciale. Expulsé d'un train il s'aperçoit
très vite que les britanniques et le boers dominent sans
partage les populations noires et immigrées (à
cette époque 100 000 indiens vivent en Afrique du Sud).
Il est choqué de voir que les sujets de l'empire britannique
ne sont pas traités de la même manière suivant
la couleur de leur peau.
En 1894,
à l'issu du procès, gagné, pour le lequel
il était venu, Gandhi décide de lutter contre
une loi visant à interdire aux indiens le droit d'élire
des représentants à l'assemblée de l'état
du Natal. Il fait signer une pétition à 10 000
personnes et obtient le retrait du projet de loi. Gandhi avait
surtout réussi à faire prendre conscience aux
indiens qu'il fallait s'unir. Devenu populaire, Gandhi décide
de poursuivre le combat. En 1896 il va chercher sa femme et
ses enfants en Inde et revient en Afrique du Sud. Il travaille
comme avocat jusqu'en 1899. La guerre des Boers éclate
alors et Gandhi appelle ses compatriotes à soutenir les
anglais.
En 1906
une nouvelle loi ségrégationniste est votée
au Transvall. Elle enjoint les asiatiques à se faire
inscrire sur des listes destinées à contrôler
de près leurs activités. Gandhi réussit
à convaincre 3000 délégués de ne
pas se soumettre à la nouvelle loi et de résister
quel qu'en soit le coût, mais sans violence. Gandhi est
arrêté et incarcéré pendant six mois.
En 1909 il publie "Hind Swaraj", livre dans lequel
il développe les théories du combat par la non-violence
: la satyagraha.
Pendant huit ans, Gandhi ne cessera de s'opposer aux lois ségrégationnistes
et au Général Smuts ce qui lui vaudra d'autres
séjours en prison. Finalement, le 30 juin 1914, Smuts
et Gandhi signent un accord sur l'abrogation d'une grande partie
des lois raciales. Le 18 juillet 1914 Gandhi quitte l'Afrique
du Sud pour toujours et rentre en Inde.
Il décide,
dès son retour, de partir à la découverte
de son pays natal. Son périple dure un an à l'issue
duquel il établit un ashram près d'Ahmedabad.
Son nom est désormais associé à la lutte
contre l'injustice. C'est pourquoi, début 1917, Gandhi
se rend au Bihar à l'appel des cultivateurs de l'indigo
exploités sans vergogne par les industriels anglais.
Devant les risques d'émeutes, le gouvernement donne satisfaction
aux planteurs.
À
peine rentré à Ahmedabad, Gandhi soutient un mouvement
de grève des ouvriers textiles et utilise, pour la première
fois, le jeûne pour faire pression sur les patrons et
pour marquer son entière solidarité avec les grévistes.
À la fin de la première guerre mondiale, pendant
laquelle Gandhi avait appelé au soutient de l'effort
de guerre, il présente aux britanniques ses premières
revendications d'autonomie pour l'Inde. Le 6 avril 1919, pour
impressionner les anglais, Gandhi appelle le peuple à
manifester publiquement dans tout le pays et à cesser
toute activité. La manifestation est un énorme
succès. Le 13 avril, à Amritsar, la population
manifeste de nouveau malgré l'interdiction. Le général
Dyer ordonne alors à ses hommes de tirer sur la foule
pacifique. Le bilan est effroyable : plus de 300 morts et plus
de 1000 blessés. Horrifié, Gandhi suspend immédiatement
la satyagraha.
En 1920
il repense ses moyens d'action. Soutenu par le parti du Congrès
et par les musulmans, il appelle à la non coopération
avec l'administration britannique et se prononce pour le boycott
des produits textiles d'origine européenne. L'Inde tout
entière bouge et la tension ne cesse de monter. De nombreux
leaders sont emprisonnés et des affrontements ont lieu.
Pendant l'un d'eux 22 policiers sont lynchés par la foule.
Le Mahatma, comme on l'appelle désormais, décide
de mettre fin à toute action.
Il est cependant
arrêté puis condamné à 6 ans de prison.
Il restera emprisonné 2 ans pendant lesquels le mouvement
va sensiblement s'essouffler. À sa sortie de prison Gandhi
appelle à la cohésion nationale et il réclame
l'égalité sociale pour les intouchables qu'il
appelle affectueusement les harijans ("enfants de Dieu").
Il mènera d'ailleurs deux grèves de la faim pour
qu'ils puissent entrer dans les temples.
Au début
des années 30, Gandhi a retrouvé toute sa fougue.
Il bénéficie d'une influence considérable.
À chacun de ses mots d'ordre l'Inde s'immobilise. Le
12 mars 1930 le Mahatma entreprend son action la plus célèbre
: la marche du sel. Son objectif est de dénoncer le monopole
anglais de la vente du sel. Pendant 24 jours et sur 350 km le
cortège ne cessera de gonfler. Arrivé à
son but Gandhi ramasse une poignée de sel et annonce
qu'il commence la désobéissance civile. Il est
de nouveau arrêté.
En janvier
1931 le Vice-Roi Lord Irving le fait libérer. Il échange
la libération des prisonniers politiques et la fin des
lois sur le sel contre la fin de la désobéissance
civile et la participation de Gandhi à une conférence
organisée à Londres. Celui-ci accepte et en profite
pour visiter l'Europe. Cette table ronde ne sera suivie d'aucun
changement notable sur la politique indienne d'autant que Churchill
arrive au pouvoir avec l'intention d'écraser le Parti
du Congrès. Des milliers de militants sont bientôt
arrêtés.
Gandhi à Marseille
En août
1932 Gandhi est jeté en prison. Les dissensions entre
les communautés s'aggravent et les droits des intouchables
sont menacés. Le 20 septembre le Mahatma entreprend une
nouvelle grève de la faim. Le gouvernement britannique
plie devant la menace de la mort de Gandhi devenu très
populaire en Europe.
En 1934
Gandhi se retire de la politique en tant que telle, préférant
la laisser aux jeunes leaders du Congrès dont Nehru.
Il continue en revanche de se battre pour la cohésion
entre les communautés et pour l'éducation des
masses, ce qui lui vaudra l'inimitié des extrémistes
hindous. Cette année là, Gandhi échappe
à la première des cinq tentatives d'assassinat
dont il fera l'objet.Lors des élections de 1937, le Congrès
obtient la majorité écrasante au parlement indien.
Dès lors la marche vers l'autonomie et l'indépendance
semble inéluctable.
Lorsqu'éclate
la seconde guerre mondiale en 1939, Gandhi refuse de s'engager
aux côtés des anglais. Il affirme que seule une
Inde indépendante pourrait contribuer à la lutte
contre les nazis. En 1942 il lance même son fameux slogan
"Quit India". Il enjoint les britanniques à
partir au plus vite et relance le mouvement de désobéissance
civile. Lui et les dirigeants du Congrès sont arrêtés
après que des émeutes aient éclaté.
Sa femme Kasturbai meurt lors de sa détention. En 1944
Churchill le fait libérer.
Après
la guerre les travaillistes d'Atlee arrivent au pouvoir en Angleterre.
Le Premier Ministre est bien décidé à mener
le processus d'indépendance à son terme. Lord
Mountbatten est nommé Vice-roi avec cette mission. C'est
alors que les communautés musulmane et hindoue se déchirent.
La Ligue Musulmane de Mohammed Ali Jinnah ne cesse en effet
de réclamer la création d'un état indépendant
à majorité musulmane.
Gandhi,
lui, reste attaché plus que tout à l'unité
de l'Inde. Jinnah refuse de participer au gouvernement provisoire
de Nehru et appelle à une journée d'insurrection
le 16 août 1946. Elle se solde par des milliers de morts
dont au moins 5000 à Calcutta.
Gandhi use
de toute son influence pour éviter la partition mais
le 15 août 1947 Lord Mountbatten annonce l'indépendance
de deux nouvelles nations : le Pakistan et l'Inde. On assiste
alors à l'exode meurtrier de plusieurs millions de personnes.
Les sacs, les meurtres, les règlements de compte en tous
genres feront entre un et deux millions de victimes. Épouvanté
par la situation, notamment à Calcutta, Gandhi décide
de jeûner jusqu'à la mort. Nehru fait alors tout
ce qui est en son pouvoir pour mettre fin aux massacres. Il
y parvient d'extrême justesse et Gandhi se nourrit à
nouveau. Pourtant la colère des extrémistes n'est
pas retombée. Ceux du côté hindou notamment
tiennent rigueur à Gandhi de sa trop grande mansuétude
à l'égard des musulmans.
Le 30 janvier
1948, l'un d'eux, Nathuram Godse, l'abat à Delhi. "Hé
Ram" seront les dernières paroles du Père
de la Nation. Sa mort provoque une émotion internationale.
À Delhi plus de deux millions de d'indiens assisteront
à ses funérailles nationales. Aujourd'hui encore
l'empreinte de Gandhi est vivante en Inde même si la société
juste, égalitaire et non violente dont il avait rêvé
reste à construire.
Source :
perso.wanadoo.fr/.../o.wanadoo.fr/bharat/bio/gandhi.htm