Né
le 28 avril 1937 (approximativement)
Décédé le 30 décembre 2006 (à
l'âge d'environ -70 an)
Saddam Hussein
Abd al-Majid al-Tikriti (présumément né
le 28 avril 1937 - exécuté par pendaison le 30
décembre 2006 à Bagdad) était un militaire
et homme d'État irakien de 1979 à 2003. Président
de 1979 à 1991 et de 1994 à 2003. Il a été
renversé lors de l'invasion de l'Irak en 2003, par les
États-Unis, le Royaume-Uni et quelques autres pays de
la coalition.
Son règne
à la tête du pays a été extrêmement
violent, de nombreux gouvernements et organisations non gouvernementales
(ONG) l'accusent de crimes de guerre, meurtres, crimes contre
l'humanité et de génocide envers les Kurdes. Capturé
en décembre 2003, il est condamné à mort
par pendaison le 5 novembre 2006 pour le massacre de Doujaïl
de 148 villageois chiites, en 1982 : il devait être exécuté
dans les trente jours suivant le verdict en appel du 26 décembre
2006. La sentence a été exécutée
quelques jours après, le 30 décembre 2006 à
six heures, heure locale (03H00 GMT), dans une caserne des renseignements
militaires irakiens du quartier chiite d'Al-Khademiya à
Bagdad.
On ne sait
que peu de choses sur les premières années de
sa vie. Il serait né le 28 avril 1937 dans une famille
très pauvre de paysans sans terre du village d'al-Auja,
non loin de Tikrit. Selon ses biographies officielles, son père,
Saddam Hussein al-Majid serait mort, peu avant ou peu après
sa naissance, mais selon d'autres biographies non officielles,
il aurait en fait abandonné femme et enfants.
De fait,
le petit Saddam est élevé par le nouvel époux
de sa mère, un homme brutal et illettré, qui le
traite rudement. Il vivait alors dans une petite maison en torchis,
qui n'était composée que d'une pièce où
il n'y avait pas d'électricité. Dès l'âge
de six ans, il commence à travailler comme berger. Sa
famille n'ayant pas les moyens de lui payer des chaussures,
il allait travailler dans les champs pieds nus. À l'âge
de huit ans, il fuit le domicile familial, il est recueilli
à Bagdad par un oncle maternel, Khairallah Talfah, ancien
officier qui avait soutenu la révolution de Rachid Ali
Gaylani et qui est devenu maître d'école. Avant
de le connaître, Saddam était appelé ibn
aziqa ou littéralement, « fils des ruelles ».
Son oncle le scolarise dans l'école municipale, Saddam
était alors l'élève le plus âgé
de sa classe. Khairallah part ensuite pour Bagdad avec le jeune
Saddam, où, en plus d'aller à l'école,
il exerçait de petits métiers comme celui d'assistant
de chauffeur de taxi et de vendeur de cigarettes à la
criée. Son oncle lui apprend également le maniement
des armes, l'instruit sur l'histoire de l'Irak, Nabuchodonosor
pour l'histoire antique et Saladin pour l'histoire médiévale.
Il donne
sa fille en mariage à Saddam. Il rentre ainsi de plein
pied dans la tribu des Albou Nasser. En 1981, son oncle lui
écrivait encore de ne pas oublier « Trois choses
que Dieu n'aurait pas dû créer : les Perses, les
Juifs et les mouches ». Admiratif de son oncle, il décide
de devenir comme lui, officier. Il se présente à
l'école militaire pour passer le concours d'entrée
mais il échoue.
Après
la fin de ses études secondaires, le jeune Saddam rejoint
une cellule clandestine du parti Baas (le parti socialiste de
la Renaissance arabe). Ce parti, fondé par un Syrien
chrétien, Michel Aflaq et par un musulman Salah al-Din
al-Bitar, affilié à la IIe internationale socialiste,
prônait en fait un arabisme laïc mélangé
de références socialistes.
Membre du
parti Baas, il milite dès le début des années
1950, pour l'unité arabe. Quelques années plus
tard, il est condamné avec son oncle à six mois
de prison pour avoir tué un informateur de la police.
Il participe en 1956 à un coup d'État avorté
contre le roi d'Irak, soutenu et imposé par la Grande-Bretagne.
En 1958, un autre groupe, sous la direction du général
Kassem, officier nationaliste très à gauche, parvient
à détrôner le roi.
Le 7 octobre
1959, il fait partie d'un groupe qui tente de tuer le général
Kassem, mais ils échouent, et Saddam est blessé
lors de cette opération où il n'a eu finalement
qu'un rôle subalterne d'homme de main. Plus tard, ses
services de propagande ont tenté d'embellir son action,
jusqu'à en faire le personnage central de ce complot
manqué et le héros d'une nouvelle « geste
».
Après
sa tentative de meurtre manqué sur le président
Kassem, il traverse l'Euphrate à la nage et avec l'aide
des réseaux syriens, il traverse le désert, se
réfugie parmi des bédouins et réussit à
se réfugier d'abord à Damas ou il rencontre des
baasistes syriens. Il reste à Damas pendant trois mois,
c'est pendant ce court séjour qu'il fait la connaissance
de Michel Aflaq. C'est avec sa rencontre avec le secrétaire-général
du Baas, qu'il devient membre à part entière du
parti. Puis il part au Caire, à l'époque de la
République arabe unie, et il est condamné par
contumace à mort par le gouvernement irakien. Il continue
sa scolarité au Caire, où il obtient son diplôme
en 1961, puis, en 1962, il entame des études de droit.
Mais il est contraint d'abandonner ses études pour partir
en Irak.
Après
la révolution irakienne du 8 février 1963, lors
de laquelle le général Kassem est renversé
par des groupes baasistes commandés par le général
Aref, Saddam Hussein revint en Irak en passant par la Syrie
où il rencontre une nouvelle fois Michel Aflaq qui lui
transmet un message qu'il devait donner à Bakr. Il se
fait l'intermédiaire des baasistes syriens et irakiens.
Il participe également à plusieurs conférences
panarabes, du parti à Damas, ou il expose les mêmes
idées qu'Aflaq.
Avec son retour en Irak, il travaille au recrutement de nouveaux
militants.
En 1964,
Saddam prévoit d'assassiner le président Aref.
L'attentat qui était prévu pour le 5 septembre
est connu de la police la veille et il se fait emprisonner avec
un complice. Durant sa détention, sa femme Sajida lui
rapporte des livres approfondissant ainsi sa culture nationaliste.
Il parvient à s'évader le 23 juillet 1966 au cours
d'un transfert entre deux prisons. Il se consacre alors à
la constitution d'une branche clandestine du Baath qui implique
une centaine de personnes.
Écarté
du pouvoir, pour un temps, le parti Baas revient en force, lors
d'un coup d'État, le 17 juillet 1968, et devient le parti
le plus puissant et le mieux structuré de la région.
Lors de la "révolution blanche" (nom donné
parce qu'aucune goutte de sang n'a coulé pendant ce coup
d'État), Saddam Hussein aurait - d'après les sources
baasistes - assiégé le palais présidentiel
avec un tank. Le 30 juillet 1968, Saddam limoge le premier ministre
et le ministre de la défense en personne. Au sein du
Baath, Saddam prend la tête des services de sécurité,
à l'âge de 31 ans. Il occupe également le
poste de vice-président du Bureau révolutionnaire.
Il doit ce poste important à son oncle par alliance,
le général Ahmad Hasan al-Bakr, dirigeant baasiste
historique et nouveau président du pays.
Épaulé
par son groupe, sa « tribu », constituée
de sa famille proche, de ses nombreux cousins et alliés,
et des natifs de sa ville de Tikrit, Saddam Hussein, peu à
peu, « élimine » ses rivaux, et réussit
à contrôler Bagdad, la capitale. Il devient vice
président de la république en 1971. Cependant
pour contrôler le pays, il a besoin d'un parti à
sa dévotion, et prend modèle sur le Parti communiste
de l'Union soviétique, avec laquelle l'Irak signe en
1972, un traité d'amitié. Saddam Hussein se rend
aussi en France la même année, le 14 juin[2].
Le Parti
Baas, devient rapidement omniprésent, omnipotent, et
un passage obligé pour toutes les affaires et pour accéder
au pouvoir. En quelques années, ce parti devient un instrument
entièrement au service de Saddam Hussein, qui concentre
tous les pouvoirs entre ses mains, passant d'un pouvoir collégial,
au début, à un despotisme absolu, même s'il
a conservé pour la forme, le Conseil de commandement
de la révolution, censé détenir le pouvoir
(Ezzat Ibrahim Al-Duri en est le vice-président).
Un diplomate
avait dit du système politique irakien, qu'il fonctionnait
comme un palmier, arbre qui est d'ailleurs le symbole de l'Irak
: « Il demeure toujours vert si on coupe ses branches
les plus basses ».
Au début
des années 1970, il se donne le titre de général
honoraire. Le 1er juin 1972 il commence une vaste nationalisation
des compagnies pétrolières monopolistes qui se
trouvaient jusque là entre des mains étrangères.
L'Irak connaîtra alors un développement industriel
et social sans précédent. Saddam Hussein s'est
efforcé de moderniser l'économie et l'industrie.
En 1973, il devient général, et en 1979, à
42 ans, se sentant assez puissant, il remplace à la présidence
de l'Irak Ahmad Hasan al-Bakr suite à son renoncement
précipité, officiellement pour « raison
de santé ». Des milliers de cadres du parti Baas
sont alors convoqués d'urgence et vingt-deux d'entre
eux, accusés de trahison, sont arrêtés en
pleine assemblée présidée par Saddam Hussein
fumant le cigare et pleurant parfois, et sont emmenés
à l'extérieur pour être exécutés
sommairement. La scène est filmée et est suivi
en direct dans tout le monde arabe, et servira à asseoir
le pouvoir du nouveau dictateur en Irak et deviendra célèbre
mondialement comme illustration de ses méthodes et de
sa personnalité.
En 1979,
à sa prise de pouvoir, il se nomme maréchal et
commandant en chef des forces armées. Durant les trente-cinq
années de son pouvoir, Saddam Hussein utilise tous les
moyens pour contrôler la population et régner sans
partage. Comme dans les régimes totalitaires, la propagande
est omniprésente à travers les différents
médias et les affiches représentant le portrait
du rais. La presse est censurée et la peur d'être
arrêté et exécuté paralyse les opposants.
Le dictateur commanda un film au réalisateur égyptien
Tawfiq Saleh intitulé Les Longs Jours : on y découvre
un Saddam Hussein héroïque, qui tente d'assassiner
le président Abdel Kerim Kassem, en 1959.
La prison
d'Abu Ghraib est symbolique de l'arbitraire du régime.
Les témoins rapportent que les cellules étaient
réduites à 4 x 6 mètres. Elles n'étaient
pas dotées de l'eau courante ni de toilettes. Les prisonniers,
en grande partie des chiites, s'entassaient à plusieurs
dans ces pièces sans confort. Certains furent exécutés
pour « activités religieuses ».
Saddam Hussein
a échappé à plusieurs tentatives d'attentat
ou de renversement par la force.
Dans le
même temps, d'énormes progrès au niveau
social auront été accomplis sous sa présidence.
L'Irak s'industrialise rapidement et devient l'un des pays arabes
où le niveau de vie est le plus élevé,
avec comme résultat l'émergence d'une véritable
classe moyenne.
En 1973,
Saddam lance la « Campagne nationale pour l'éradication
de l'illettrisme » un plan ambitieux visant à lutter
contre l'analphabétisme. L'école devient gratuite,
obligatoire et séculière pour les garçons
et les filles. En moins de dix-huit mois, le nombre d'enseignants
atteint le nombre de soixante-deux mille personnes, par ailleurs
le nombre de filles scolarisées est multiplié
par trois. L'Unicef reconnaît que l'Irak a pratiquement
éradiqué l'illettrisme et aura poussé la
scolarisation des Irakiens à un niveau encore inédit
au Moyen-Orient. En 1982, l'Unesco remet un trophée à
l'Irak pour l'effort d'alphabétisation dont avait fait
preuve le gouvernement à l'égard des filles. Près
de 95% des filles étaient scolarisées.
En 1977, 70% des pharmaciens et 46% des dentistes étaient
des femmes.
Par ailleurs, une élite intellectuelle et scientifique
voit rapidement le jour. L'Unesco explique que :
«
Le système éducatif en Irak avant 1991 était
lun des plus performants dans la région, avec un
taux brut de scolarisation proche de 100 % dans lenseignement
primaire et un niveau élevé dalphabétisation
pour les deux sexes. L'enseignement supérieur était
de qualité, particulièrement dans les établissements
denseignement scientifique et technologique, et le corps
enseignant compétent et motivé.[3] »
De par sa
jeunesse difficile, il souhaitait que tout le pays sache lire
et écrire, car pour lui l'éducation gratuite était
un pas de plus vers l'égalité.
Dans son esprit, l'éducation gratuite concerne aussi
bien l'accès à l'école en elle même,
que l'obtention de livres scolaires et la gratuité des
moyens de transport. C'est pour cette raison que dans les années
1970 et 1980, le ministère de l'éducation irakien
distribue tous les outils nécessaires à une bonne
éducation. Les élèves pouvaient se rendre
à l'école grâce à des bus qui étaient
gratuits, et à la fin de leur année scolaire,
tous les élèves recevaient un cadeau, comme des
montres pour les collégiens et les lycéens.
Les frais
d'hospitalisation sont dorénavant pris en charge par
l'État et des subventions sont accordées aux fermiers.
Le système de santé irakien devient l'un des plus
modernes et efficace de tout le monde arabe ; les services publics
ne sont pas en reste, car le recrutement se fait dorénavant
sur le mérite.
L'Irak dépendant
grandement du pétrole, Saddam tenta de diversifier l'économie
en menant un plan d'industrialisation. L'Irak devient donc le
premier État arabe à avoir utilisé sa rente
pétrolière pour procéder à son industrialisation.
Il entreprend la construction de routes, de grands axes autoroutiers
et des bâtiments ainsi que le développement d'industries.
Il lance une révolution énergétique, amenant
l'électrification de presque toutes les villes d'Irak
(même les villes se situant dans les campagnes ou difficile
d'accès). Près de dix mille villages ont été
électrifiés en même temps. Par ailleurs,
il fait distribuer gratuitement aux Irakiens des réfrigérateurs
et des téléviseurs.
Avant les
années 1970, l'Irak était un pays largement rural
; suite aux différentes réformes, l'urbanisation
s'étend. Saddam redistribue les terres aux paysans, qui
étaient auparavant dans les mains d'une minorité
de personnes. Il lance une réforme agraire devant permettre
aux fermiers de maximiser le profit de leur exploitation. L'agriculture
est donc mécanisée, et les paysans ne sachant
pas utiliser les nouvelles machines sont formés par le
gouvernement. Cette réforme avait également comme
but de mettre fin au féodalisme.
Il lance
également une véritable politique culturelle,
il réhabilite et entretient les anciens palais datant
de l'Empire Abbasside, l'ancienne cité de Babylone, les
palais de Nabuchodonosor, la triple enceinte ainsi que la porte
d'Ishtar à Babylone. Il fonde plusieurs musées
à Baghdad en vue de rassembler et de conserver le patrimoine
historique irakien.
En 1980,
l'Irak était le seul pays arabe en passe d'atteindre
l'autosuffisance alimentaire.
Mais sa politique de modernisation ne s'arrêtait pas à
l'Irak, car voulant la modernisation du monde arabe il lance
le "Fonds national pour le développement extérieur".
Il propose que l'augmentation du prix du brut, soit, en partie,
consacrée à aider les États arabes les
plus pauvres par l'intermédiaire d'un fonds de répartition.
Cette proposition est saluée par les citoyens des pays
arabes, mais elle est immédiatement rejetée par
les émirs du Golfe.
Saddam Hussein
avait comme rêve de restaurer le vieil empire babylonien,
la grandeur de l'antique Mésopotamie et le rayonnement
de l'empire abbasside. Il revendiquait un destin prestigieux
pour l'Irak, voulant faire de son pays un État fort,
première puissance militaire et technologique de la grande
« nation arabe », au besoin par le fer et par le
feu. Il lui aura manqué une juste appréciation
du rapport des forces diplomatiques. Il se réclamait
d'ailleurs une descendance directe avec Saladin.
Sous la
direction de Saddam Hussein, l'Irak devient une puissance régionale,
en partie grâce aux revenus du pétrole et au soutien
à la fois des pays occidentaux et du Bloc de l'Est, mais
bénéficiera également du support idéologique
des partis socialistes affiliés à la IIe internationale,
qui voient dans le parti Baas l'un des porte-paroles d'une prise
de conscience socialiste dans les pays du tiers monde, voulant
se réapproprier leurs ressources énergétiques
dans une démarche « progressiste » et «
anti-colonialiste ».
Après
la révolution islamique d'Iran qui isole diplomatiquement
ce pays, l'Irak est perçu par l'Occident comme une force
stabilisatrice pour la région, un barrage territorial
et humain qui peut et sera utilisé pour barrer la route
aux islamistes vers les richesses de la « corne arabique
».
L'Irak bénéficie
alors d'un large soutien international et des pays comme la
France et les États-Unis (qui espéraient affaiblir
le régime islamiste iranien et ainsi favoriser sa chute)
lui fournissent en grande quantité armes et technologies,
l'URSS restant toutefois le premier fournisseur d'armement.
Le Raïs, qui se prend pour le nouveau Saladin étant
également né à Tikrit et rêve
de prendre la tête du monde arabe par la conquête
militaire, est sacré champion de l'Occident. Les Nations
unies n'ont jamais enquêté sur les crimes de Saddam
Hussein car il était impossible de violer les principes
de souveraineté et de non-ingérence dans les affaires
intérieures d'un État. Aucune aide internationale
ne vint soutenir les victimes kurdes des gazages et de la politique
d'extermination.
En septembre
1980, Saddam Hussein lance son armée contre l'Iran des
mollahs, pour la conquête de trois objectifs :
- occuper
la totalité du Chatt-el-Arab (delta du Tigre et de l'Euphrate),
le « fleuve des Arabes », qu'il avait dû partager
avec l'Iran, par le traité de 1975 ;
- faire du Khalidj al-Farsi, le Golfe persique, le Khalidj al-Arabi,
le Golfe arabique, en chassant définitivement les Iraniens
des îlots qui contrôlent l'accès au détroit
d'Ormuz.
- s'emparer de la province pétrolifère du Khouzistan,
nommé par les nationalistes arabes, l'Arabistan.
Jusqu'en
1988, les deux pays sont plongés dans une guerre longue
et sanglante et finalement sans beaucoup de résultats.
Car sur tous ses objectifs, Saddam Hussein connaît un
échec relatif, malgré l'aide massive apportée
par l'Union Soviétique, la France, les États-Unis
dans une moindre mesure et les Émirats arabes, qui redoutent
avant toute chose la victoire iranienne, et donc des chiites,
alors que Saddam Hussein est sunnite. Au terme de huit années
de guerre, l'Irak réussit à prendre pied sur la
rive iranienne du Chatt-el-Arab, mais au prix d'un million de
morts et de sa jeunesse sacrifiée. Durant ce conflit,
l'Irak utilise massivement et systématiquement des gaz
lacrymogènes (1982), puis des armes chimiques mortelles,
interdites d'emploi par de nombreux traités internationaux,
comme des vésicants et des neurotoxiques à partir
de 1983.
Le régime
est l'auteur du massacre de plusieurs milliers de Kurdes (certaines
estimations avancent le chiffre d'un million de morts), essentiellement
dans le nord du pays. Dès 1963, la population kurde est
persécutée et massacrée : 4 500 villages
sont détruits, des mines antipersonnel sont dispersées
dans la région et les terres agricoles sont dévastées.
Pendant la guerre contre l'Iran, les Kurdes sont accusés
d'être des « traîtres à l'Irak »
et des « saboteurs », ce qui justifie le lancement
de l'opération de l'Anfal. Pour la première fois
dans l'Histoire, un gouvernement retourne ses armes de destruction
massive (agents chimiques) contre sa propre population.
Elle aboutit
à la disparition d'environ cent mille personnes si l'on
en croit les affirmations du cousin de Saddam Hussein, Ali Hassan
al-Majid, surnommé « Ali le Chimique ». Certaines
associations de lutte pour les droits de l'homme parlent de
« génocide ». Le 16 mars 1988, cinq mille
Kurdes meurent dans la ville de Halabja et les bombardements
provoquent trente mille à quarante mille contaminations.
La coalition américano-britannique a trouvé, entre
2003 et 2005, 288 charniers contenant quelque 300 000 corps
de personnes exécutées par le régime baassiste.
Le 13 décembre 2004 a été découverte
une fosse contenant près de cinq cents cadavres, dont
ceux de femmes et d'enfants, dans les environs de Souleimaniye.
À
la suite de l'utilisation d'armes chimiques, deux millions de
civils terrorisés, majoritairement kurdes, mais aussi
arabes chiites et assyro-chaldéens, s'enfuient au printemps
1991 vers les pays voisins de l'Irak. Saddam Hussein réussit
à vider ces régions et à les soumettre
à sa dictature. Des milliers d'individus considérés
comme « de sang impur » sont déportés,
torturés ou massacrés à la frontière
avec la Turquie et dans tout le pays.
En 1990,
pour des raisons économiques, il décide l'invasion
du Koweït. Les États-Unis et leurs alliés
affichent alors leur opposition à cette annexion. L'ONU
approuve la guerre du Golfe (1990-1991), qui se termine par
une défaite de l'Irak. Cependant, les forces de la coalition
préfèrent « contenir » le régime
irakien, plutôt que de risquer de déstabiliser
la région. Ainsi, Saddam Hussein reste au pouvoir.
Un blocus
économique est mis en place pendant douze ans (le programme
"Pétrole contre Nourriture"), mais il échoua
à renverser Saddam Hussein. Ce blocus aurait provoqué
en douze ans la mort de cinq cent mille à un million
denfants, selon les Nations unies.
Saddam Hussein
mate les rébellions dans le sang et les gaz de combat,
notamment l'insurrection des chiites dans le sud, où
il détruit les marais de Mésopotamie où
se dissimulaient les rebelles, sous les yeux des forces internationales
qui refusent d'intervenir.
Il conserve
le pouvoir sur son peuple, mais le pays reste contrôlé
par les forces de la coalition et l'ONU. Seul le Kurdistan irakien,
dans la partie nord du pays, échappe à sa surveillance
grâce à l'action militaire des États-Unis
en faveur des rebelles.
Le 20 mars
2003, les États-Unis et leurs alliés (principalement
le Royaume-Uni) attaquent l'Irak et le régime de Saddam
Hussein et le renversent lors d'une guerre éclair (mars-avril
2003).
Le motif
invoqué par le Président américain George
W. Bush pour lattaque du pays est la détention
par l'Irak d'armes de destruction massive. Cette guerre na
pas eu laval de lONU. Un rapport officiel publié
en octobre 2004 par Washington conclura que le régime
de Saddam Hussein ne possédait pas d'armes de destruction
massive bien que plusieurs tonnes de produits toxiques et cinq
cents obus à charge chimique aient été
trouvés. L'autre motif de cette invasion est la reconstruction
d'un Moyen-Orient cultivant "la démocratie"
au lieu de la tyrannie. Toutefois, les intérêts
financiers de l'industrie pétrolière américaine
en général et de la famille Bush en particulier
ne sont pas étrangers à cette invasion. Certains
affirment que le président Bush fils aurait promis à
son père de terminer le travail qu'il avait commencé
mais pas terminé. Néanmoins, aucune preuve ne
vient corroborer ces hypothèses.
La chute
de Bagdad, le 9 avril 2003, marque la fin officielle du régime
de Saddam Hussein et sa fuite. Après plusieurs mois passés
dans la clandestinité, Saddam Hussein est officiellement
arrêté dans une cave par l'armée américaine
à Tikrit dans la nuit du 13 au 14 décembre 2003.
Il est rapidement
exhibé avec les cheveux et la barbe hirsutes aux médias
par l'armée américaine, avec pour objectif de
saper le moral des groupes armés proches du parti Baas.
L'ouverture
de la phase préliminaire de son procès a eu lieu
à Bagdad au début du mois de juillet 2004. C'est
un tribunal d'exception, le Tribunal spécial irakien
(TSI), qui le jugera pour génocide, crime contre l'humanité
et crime de guerre, avec plusieurs autres membres importants
du parti Baas.
Mille cinq
cents personnes dont vingt-deux avocats principaux venant d'Irak,
Jordanie, Libye, France, et États-Unis d'Amérique
se sont proposés pour assurer la défense de Saddam
Hussein. Jacques Vergès et Roland Dumas sont quelques-uns
de ses nombreux avocats.
Le 7 juillet
2005, Ziad al-Khasawneh, le principal avocat de Saddam Hussein,
démissionne, suite aux pressions des avocats américains,
voulant l'empêcher de prendre position pour la résistance
irakienne et contre l'invasion armée.
Le 8 août
2005, tous ses avocats sauf un Irakien, Khalil al-Doulaïmi,
sont récusés par la famille Hussein qui les accuse
de s'être autoproclamés défendeurs de Saddam
Hussein sans avoir été mandatés.
Le 4 septembre,
le porte-parole du gouvernement irakien annonce que l'ouverture
du procès aura lieu le 19 octobre. Soit juste après
le référendum sur le projet de Constitution, prévu
le 15 octobre.
Ce procès
concernera dans un premier temps le massacre de 143 chiites
du village de Doujaïl en 1982 ainsi que la destruction
de propriétés et l'exil interne pendant quatre
ans des habitants de cette ville.
Le porte-parole
du gouvernement a également déclaré que
si Saddam Hussein était condamné à la peine
de mort, la sentence pourrait être exécutée
sans attendre son jugement pour d'autres actes d'accusations.
Le 19 octobre,
Saddam Hussein défie le tribunal en ne reconnaissant
pas son autorité et plaide non coupable pour le massacre
de Doujaïl.
Les témoins
programmés au procès, ayant trop peur d'être
des témoins publics, ne sont pas venus à Bagdad.
Le premier procès de Saddam Hussein est alors ajourné
pour permettre d'entendre ces derniers dans des conditions de
sécurité satisfaisante. La prochaine audience
était prévue le 28 novembre, mais elle a été
encore une fois reportée au 5 décembre. Le 6 décembre,
Saddam Hussein continue de perturber le procès.
Le 23 janvier
2006, le juge Rizgar Amin démissionne, il est remplacé
par Rauf Rashid Abd al-Rahman.
Le 15 mars,
Saddam Hussein est appelé par l'accusation en tant que
témoin. À la barre, il a fait quelques déclarations
politiques, en disant notamment qu'il se considérait
toujours comme Président de l'Irak et en appelant les
Irakiens à cesser les violences entre eux et à
combattre les troupes américaines. Le juge a alors coupé
son microphone et la suite de l'audience s'est déroulée
à huis clos.
Le 15 mai,
il est formellement accusé de crimes contre l'humanité
et refuse de plaider en déclarant qu'« il n'y avait
aucune possibilité de juger le Président de l'Irak
».
Le 19 juin,
Jaafar al-Moussaoui, le procureur général du tribunal
pénal irakien requiert la peine de mort contre Saddam
Hussein, ainsi que contre son demi-frère Barzan al-Tikriti,
et contre l'ancien vice-président Taha Yassine Ramadan.
Le 5 novembre,
Saddam Hussein est condamné à mort par pendaison
pour crime contre l'humanité. D'après les statuts
du tribunal, il y a automatiquement appel pour ce type de condamnation.
Le procès en appel devrait durer trente jours.
Le 26 décembre,
la cour d'appel irakienne confirme la condamnation à
mort de l'ancien président irakien Saddam Hussein. Il
devrait être exécuté par pendaison dans
les trente jours à venir.
Le 29 décembre,
on apprend par le député Sami al-Askari, collaborateur
du Premier ministre Nouri al-Maliki que Saddam sera exécuté
dans la nuit du 29 au 30 décembre ou au plus tard le
4 janvier 2007 (après l'Aïd el-Kebir, la fête
la plus sacrée du calendrier musulman).
Le 30 décembre,
il a été finalement décidé d'exécuter
l'ancien président irakien à Bagdad peu avant
6 heures (03h00 GMT). Sa pendaison met fin à toutes les
actions dont celui-ci devait répondre, dont sept autres
procédures[4]. Cette date fut préférée
à celles prévues début 2007 car l'on souhaitait
qu'il fût exécuté avant le nouvel an et
avant l'Aïd el-Kebir.
Source :
fr.wikipedia.org/.../r.wikipedia.org/wiki/Saddam_Hussein