L'addition
d'activités nouvelles à celles liées aux
fonctions d'un port d'escale et de collecte, qui est l'un des
tous premiers du monde, a permis l'édification d'une
économie diversifiée et puissante, qui assure
aux Singapouriens l'un des niveaux de vie les plus élevés
en Asie.
Le
raffinage du pétrole et la réparation, puis la
construction navale, procèdent de l'activité portuaire.
L'industrialisation a ensuite débordé de ce cadre.
Dans un premier temps, des capitaux étrangers ont développé
des industries de main-d'œuvre (textile, par exemple),
fondées sur les bas salaires. Mais il s'agit là
d'une période révolue. L'augmentation des prétentions
de la main-d'œuvre, le développement d'un capitalisme
autochtone, ont permis et imposé l'avènement de
fabrications d'un tout autre caractère, comme l'appareillage
électronique et les machines. La production industrielle
alimente un courant d'exportation très actif, vers les
États-Unis, mais aussi et de plus en plus vers les pays
voisins.
Ce développement industriel
de plus en plus autonome a conduit à l'essor des activités
tertiaires: Singapour concentre de nombreux sièges sociaux
et une bourse des valeurs d'importance majeure, et attire un
actif tourisme de congrès.
Cet essor économique
est considéré comme un succès de l'économie
libérale et comme un produit exemplaire de la mondialisation
des échanges. Il a aussi été appuyé
par une intervention habile de l'État, qui a notamment
favorisé le développement des infrastructures
nécessaires. L'aéroport et surtout le port ont
été constamment renforcés et agrandis à
grands frais; le développement de quais pour les porte-conteneurs
a conduit à la création d'un très grand
polder industrialo-portuaire; les îles dispersées
au sud de l'île principale sont maintenant utilisées
pour l'accostage des navires. De très vastes et très
modernes zones industrielles ont été établies
tout le long des côtes méridionales de l'île;
celle de Jurong est souvent citée en exemple en raison
de la rationalité de sa conception.