Singapour est restée pendant des siècles une
partie sans importance particulière de l'un des grands
sultanats malais, celui de Johore. Son destin changea lorsque
le Sultan accepta en 1829 de vendre l'île au Britannique
sir Stamford Raffles, qui en fit un comptoir commercial à
l'essor rapide. Le rôle de Singapour comme port d'escale
sur la grande route maritime contournant l'Asie par le sud fut
renforcé par l'ouverture du canal de Suez en 1869.
La collecte des produits de la région (Malaisie, Sumatra)
prit une grande importance avec le développement de l'exploitation
de deux produits de base: l'étain, à partir de
la fin du XIXe siècle, et le caoutchouc, à
partir du début du XXe siècle.
Les tensions internationales conduisirent les Britanniques
à établir des bases navales et aériennes
sur l'île entre les deux guerres mondiales. Mais les fortifications,
dessinées pour repousser les attaques maritimes, ne purent
résister à l'assaut des troupes japonaises venues
de Malaisie en février 1942. Bien que rétablis
dans leur souveraineté en 1945, les Britanniques
durent envisager de nouvelles solutions pour le statut de Singapour.
Elle fut dotée d'une large autonomie interne en 1959,
et une tentative pour intégrer la cité à
la grande Malaisie en voie de constitution échoua après
un essai de deux ans seulement, de 1963 à 1965.
À partir de cette date, l'île devint une république
entièrement indépendante.
Depuis 1959, Singapour a des institutions de forme démocratique;
mais la vie politique est dominée par le PAP (People?s
Action Party), et la très forte personnalité de
Lee Kuan Yew, leader charismatique, qui garde encore une large
influence politique en 1996, malgré sa «retraite»
officielle. Le contrôle social sur la population, très
efficace, revêt même un aspect autoritaire, qui
limite les possibilités de l'opposition.