Le
Yémen figure parmi les pays les plus pauvres du monde
(le PNB par habitant n'excède pas 260 dollars). Fortement
endetté, il dépend de l'aide internationale, de
celle de ses riches voisins pétroliers et des envois
de fonds de ses travailleurs expatriés.
L'agriculture
Le versant occidental, élevé et intensément
disséqué, est la région où se rencontrent
les terrasses les plus spectaculaires. Les plus basses portent
du maïs, culture remplacée vers 1.200 m par
les millets, puis, jusqu'à 3.000 m, par le blé
et l'orge. Mais ce sont le café et le qat, cultivés
entre 900 et 2.700 m, qui marquent le plus le paysage.
Venu d'Éthiopie au XVe siècle, le café,
exporté par le port de Moka, a fait la célébrité
du Yémen. Aujourd'hui, la production est en plein déclin;
mal maîtrisée et de mauvaise qualité, elle
ne peut faire face à la concurrence internationale. La
pénurie de main-d'œuvre agricole que le pays a connue
avec l'ouverture des chantiers pétroliers et des grands
travaux d'Arabie Saoudite et des Émirats a considérablement
aggravé la question agraire.
Le
«Yémen vert», plus au sud, au relief moins
accidenté et moins élevé et aux sols plus
fertiles, bénéficie de précipitations annuelles
abondantes, dépassant localement 1.000 mm. La majorité
des terres peut y porter deux ou trois cultures annuelles. Aux
millets s'ajoutent les légumes (pommes de terre, haricots,
tomates) et les fruits. L'appoint de l'élevage est loin
d'être négligeable. Avec de 100 à 150 h./km2,
c'est la région la plus densément peuplée
du pays. Plus vers l'intérieur, l'altitude reste élevée.
Cette région centrale est faiblement arrosée,
les principales cultures sont le sorgho, les légumes,
les arbres fruitiers et le qat.
Le
secteur agricole représente 21 % du PNB et emploie
62 % de la population active.
Le
pétrole
Il semble que la découverte récente d'hydrocarbures
puisse donner un nouveau souffle à l'économie.
Des gisements ont été reconnus en 1984 dans
la région de Marib (Yémen du Nord) et, un peu
plus tard, sur le territoire du Yémen du Sud. Les réserves
prouvées sont assez faibles (400 millions de tonnes),
et les conditions d'exploitation délicates. La production
a atteint 17 millions de tonnes en 1994. Le Yémen
recèle aussi du gaz naturel, qui n'est pas encore exploité.