Le territoire du Tadjikistan fit partie intégrante de
l'Empire perse (VIe au IVe siècle av. J-C),
macédonien (331 av. J-C), seldjoukide et bactrien
(IIIe - IIe siècle av. J-C). Peuple turque
de langue iranienne, les Tadjiks furent islamisés durant
le VIIIe siècle ap. J-C, sous l'occupation
arabe. Le territoire tadjik fut intégré dans les
Empires mongols de Gengis khan et Tamerlan (XVIe-XIXe siècle).
Pendant le XIXe siècle, le Tadjikistan est partagé
entre l'émirat de Boukhara et le khanat de Kokand; en 1868,
intervient l'annexion par la Russie. Après 1917,
la partie septentrionale est intégrée à
la RASS de Tadjikistan, à l'intérieur de la RASS
d'Ouzbékistan. Après la séparation d'Ouzbékistan,
en 1929, la RSS de Tadjikistan devient une des 11 républiques
fédérées de l'URSS.
Après 1986, à l'intérieur du pays,
se font sentir des tensions politiques entre le pouvoir et l'opposition,
mais aussi entre les Tadjiks et les Ouzbeks. En 1989, le
tadjik devient langue officielle et l'alphabet arabe remplace
les caractères cyrilliques. En 1990, à Douchanbe,
est adoptée la déclaration de souveraineté
et en 1991 celle d'indépendance. En 1991, le
Tadjikistan adhère à la CEI. La guerre civile
entre les communistes et les islamistes (avec plus de 50.000
victimes et l'exode 100.000 russophones; des dizaines de milliers
de réfugiés) ravage la société et
l'économie. Les pourparlers engagés en 1994
entre le régime communiste et l'opposition islamiste
en exil, aboutissent le 27 juin 1997, à la
signature d'un accord de paix, qui prévoit un partage
des portefeuilles et des élections législatives
sous contrôle international. Cependant, en janvier
1998, l'opposition islamique conduite par Saïd Abdollah
Nouri, qui reproche au gouvernement de Iakhio Nouriddinovitch
Azimov de ne pas tenir ses engagements, se retire de la Commission
de réconciliation nationale, créée à
la suite de la signature de l'accord de paix. Des tentatives
de rapprochement sont alors mises en œuvre par le président
Emomali Charipovitch Rakhmonov qui s'engage à confier,
dans le futur gouvernement d'union nationale, la place de numéro
deux, au chef spirituel de l'opposition islamique, Akbar Touradjonzoda.
À l'aube de l'année 1999, le pouvoir est
donc confronté à une grave crise politique, aggravée
par la reprise des affrontements (dans la région de Léninabad)
entre les troupes anti-islamistes conduites par le colonel Mahmoud
Khoudoberdiev et les forces gouvernementales, mais aussi à
une corruption qui s'étend à l'ensemble des institutions,
et à une croissance économique stagnante, à
l'image du taux d'inflation qui n'est pas descendu en dessous
de la barre des 40 % en 1998.